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“Cannibal Tours” : Cannibalisme, tourisme et capitalisme

« Il n’y a rien de plus étrange,
dans une terre étranger,
que l’étranger qui vient
la visiter »
Dennis O’Rourke

« Imaginez-vous soudain, débarquant, entouré tout votre attirail, seul sur une grève tropicale, avec, tout à côté, un village d’indigènes, tandis que l’embarcation qui vous a amené cingle au large pour bientôt disparaître. »1

À travers ces quelques lignes sur son arrivée dans les îles Massim, l’anthropologue Bronislaw Malinowski éveille en chaque lecteur une âme d’explorateur à la découverte de populations et territoires nouveaux. C’est ce même frisson de découverte de l’Ailleurs et de l’Autre que viennent chercher les touristes embarqués à bord du Melanesian Explorer. Suivis par la caméra de Dennis O’Rourke, ces touristes fortunés américains et européens naviguent le long du fleuve Sepik, en Papouasie-Nouvelle-Guinée s’arrêtant çà et là pour visiter quelques villages. Ces visites sont l’occasion de goûter au frisson cannibale. Le film Cannibal Tours est un exemple frappant de la fascination de l’Occident pour l’Autre, le Cannibale.  Le touriste est prêt à traverser le globe à la recherche des vestiges de telles pratiques. Le réalisateur présente son film comme celui « de deux voyages. Le premier et le plus évident est celui de touristes riches et bourgeois qui voyagent dans leur propre version du « cœur des ténèbres » vers l’intérieur des terres, en remontant la mystérieuse rivière Sepik. Le deuxième voyage (le texte réel du film) est métaphysique. Il s’agit d’une tentative de découvrir la place de « l’Autre » dans l’imaginaire populaire. »2

Le documentaire sorti en 1988 est reçu avec grand enthousiasme par la critique. Il est projeté à travers le monde lors de différents festivals. Il est notamment diffusé lors du Margaret Mead Film Festival en 1988 et au 8ème festival festival du film ethnographique à Paris, en 1989.3 Le réalisateur australien n’en est pas à son premier essai puisqu’il a réalisé une dizaine de documentaires majoritairement sur la Papouasie-Nouvelle-Guinée ou la Micronésie. Cependant, c’est bien Cannibal Tours qui encore aujourd’hui fait parler et notamment écrire de nombreux chercheurs. Devenu un classique de l’anthropologie visuelle, il est désormais un support pédagogique de premier choix pour des études sur le tourisme ou l’anthropologie.

Touristes italiens discutant du mode de vie des populations du Sepik © Photographie extraite du documentaire “Cannibal Tours”, 1988.

Tourné exactement 100 ans après l’expédition Schleinitz et le début de l’exploration allemande des rivières Ramu et Sepik4, Cannibal Tours suit l’aventure de ces touristes qui, à la manière des premiers explorateurs, missionnaires et colons remontent le fleuve Sepik à la recherche de l’Autre, pourvu qu’il soit « sauvage », « primitif » et « cannibale ». L’aventure, oui ! mais sans renoncer au confort. Le groupe de touristes peut profiter des divers équipements du bateau de croisière : fenêtres-moustiquaires et air conditionné. La croisière continue au-delà du Sepik pour se rendre ensuite jusqu’à Milne Bay en passant par les îles Tami, Siassi puis Massim. L’entreprise touristique est lancée par les deux Australiens Jan et Peter Barter en 1980. Le bateau est cependant vendu en 2006 stoppant l’arrivée de touristes dans la région du Moyen Sepik.5

Le film est conçu « comme une allégorie morale sur le tourisme occidental à la fin du XXème siècle ».6 Le réalisateur présente le tourisme et ses pratiques dans un continuum avec le colonialisme. Les scènes de rencontre entre populations locales et touristes sont entrecoupées par des photographies anciennes datant de la période coloniale allemande. Les dynamiques touristiques dans le Sepik sont également mises en parallèle avec les zoos humains. Comme le montre Eric K. Silverman, le « Sauvage » n’est plus en cage mais directement dans son habitat naturel.7 La fascination pour « l’Autre cannibale » est personnifiée à travers un touriste allemand décrit comme figure principale ou anti-héros du documentaire. Le personnage est presque caricatural : armé de sa caméra autour du cou, tenue de safari agrémentée d’un chapeau orné de motifs animaliers et une paire de lunettes à la Gorbachev. Si le personnage est risible, la blague s’arrête très vite quand le touriste mentionne le passé colonial allemand de la région. Il incarne le discours dangereux de la nostalgie impérialiste : « C’était une colonie allemande nommé d’après Kaiser Wilhem le Second. C’étaient les premiers colons à arriver. Ce furent des bons moments avec les Allemands – oui ? » prenant à témoin son guide local.  « Oui, j’ai aussi entendu cela à propos de l’Afrique, ils étaient vraiment populaires mais ont perdu les colonies lors de la Première Guerre mondiale. »8 De là, il enchaîne demandant tous les détails en lien avec les anciennes pratiques cannibales. Le guide lui présente une pierre et lui explique alors brièvement le processus pour la plus grande joie du touriste. Le tout est immortalisé par quelques photos souvenir.

Touriste allemand satisfait à l’écoute des histoires cannibales autour de cette pierre © Photographie extraite du documentaire “Cannibal Tours”, 1988.

La photographie est d’ailleurs au coeur de la rencontre avec l’Autre. Elle est une des activités permettant de construire le récit de l’Autre en lien avec l’imaginaire occidental du « sauvage » et du « primitif ». Le documentaire devient l’illustration parfaite des théories sur la photographie développées par Susan Sontag. Les locaux sont chassés pour être capturés par la caméra afin de les détacher de leur contexte. Les locaux deviennent des objets de représentation, prêts à être étudiés ou pris en photo.9 Cette fonction de la caméra est notamment particulièrement visible lors d’une scène du film.  Alors qu’un homme du Sepik s’entretient avec O’Rourke, « une femme s’approche de sa proie par derrière, préparant la caméra pour un « prise » propre et, ce faisant, ressemble à un aventurier ou à un chasseur s’approchant prudemment d’un animal sauvage et dangereux. »10 La femme poursuit sa séance photo sous le regard gêné et confus de son modèle.

Le documentaire est compris et analysé par la plupart comme une exploration sur la construction de l’Autre. Bruner montre comment celui-ci, en faisant suivre les témoignages des touristes occidentaux par des photographies coloniales, met à jour les dynamiques néo-coloniales et capitalistes du tourisme dans le Sepik.11 Le titre Cannibal Tours fait référence à la fascination occidentale pour le cannibalisme. Dans cette lecture du documentaire, l’avant-dernière scène apparaît comme l’apogée de cette recherche de l’Autre, du « sauvage. » À bord du navire, les touristes se font peindre le visage par les locaux aux couleurs et motifs traditionnels et se donnent en spectacle sous les rires de leurs amis. Ils ont atteint leur objectif, trouver le « sauvage primitif cannibale, » eux-mêmes.

Le succès de Cannibal Tours tient beaucoup au discours académique dont il a servi de support. Le tourisme et la perception de l’Autre sont les parfaits engrais pour une réflexion postmoderne. Les touristes sont compris comme les sujets postmodernes désillusionnés par la modernité et ses échecs à la recherche « de l’essence primitive de l’humanité ».12 O’Rourke présente une réflexion sur ces sujets postmodernes à la recherche du « primitif » dans un monde défini par la perte et la transformation.13 La discussion entre trois touristes italiens est à ce titre particulièrement éclairante. À bord du navire de croisière, ceux-ci construisent un discours sur les habitants du Sepik tout en contradiction avec leur propre condition. Parfait exemple de l’argument d’Edwards selon lequel le discours occidental se construit sur une série d’oppositions binaires : civilisé/non-civilisé, apprivoisé/sauvage, naturel/non-naturel, nous/eux, primitif/moderne.14 Le trio italien discute principalement de leur proximité vis-à-vis de la nature dans la grande tradition du « noble sauvage » de Rousseau.

« Vivre vraiment avec la nature, d’une manière qu’ils ne vivent pas vraiment… Je me demande cependant si leur mode de vie est vraiment meilleur que le nôtre, oui, vivre vraiment avec la nature, enfin pas vraiment vivre, plutôt comme des légumes… »
« En les regardant, ils n’ont pas l’air triste… »
« Non, non. Les experts nous assurent qu’ils sont satisfaits… plus que satisfaits, ils sont ravis. Que peut-on dire, heureux et bien nourris. »
« Et ils n’ont pas à se soucier de penser au lendemain. »15

La chasse au meilleur trophée photographique © Photographie extraite du documentaire Cannibal Tours, 1988.

Le documentaire nourrit également les réflexions postmodernes sur les notions de représentation, du réel notamment en lien avec la notion de simulacre développée par Jean Baudrillard.16 Le tourisme postmoderne devient la consécration de la copie sur l’original. Dean MacCannell développe son discours autour de l’idée que les populations du Sepik sont devenus des « ex-primitifs acculturés » « performant le « primitif » »17, « le désir occidental d’altérité ».18 Que deviennent alors les locaux ? Le documentaire et les discours académiques qui l’ont suivi ont tendance à les présenter comme de pauvres proies passives et sans pouvoir prises « dans le filet du capitalisme global »19 et ainsi impuissants face à la disparition de leur culture « authentique » causée par le colonialisme, les missionnaires et le tourisme. Vision peu réjouissante des populations du Sepik sombrant dans les mains du capitalisme. L’argent est un thème récurrent, témoin de l’effondrement de la société « primitive ». Les entretiens avec les différents locaux tournent majoritairement autour de l’aspect financier de la rencontre avec les touristes occidentaux. Les « primitifs » sont corrompus puisqu’en recherche d’argent en vendant des objets, des performances et la possibilité de prendre des photos « comme tout bon capitaliste » comme l’écrit le New York Times.20

À cet égard, le témoignage d’une femme énervée que les touristes ne lui achètent rien alors qu’ils ont beaucoup d’argent est particulièrement intéressant. Elle devient l’image d’une population « déconcertée par toute cette entreprise touristique. »21 Face aux réflexions très abstraites sur la société et la confrontation des cultures, le discours des populations locales se tourne majoritairement vers « l’angoisse face au manque de modernité et d’argent ».22 Silverman montre que le réalisateur enferme les habitants du Sepik dans ce discours dans lequel ce sont uniquement des objets et victimes du colonialisme et du tourisme fondés sur une économie capitaliste.23 O’Rourke demande à la plupart des locaux pourquoi ils ont besoin d’argent. Cette question faussement innocente est absurde lorsque l’on sait que l’argent est un des éléments clés de la vie quotidienne dans le Sepik. Ils doivent payer pour toute sorte de nécessité : essence, moteurs, kérosène, frais scolaires, chaussures, nourriture, etc. La réalité locale est plus complexe que cette leçon moralistrice sur les méfaits du tourisme. Ce dernier est un des rares moyens de participer au monde globale et ainsi obtenir de l’argent. Le manque de tourisme est même perçu par certains comme la raison principale du sous-développement. La situation du tourisme dans le Sepik est donc complexe puisque la population « dépend d’un système économique mondial que la plupart (…) comprennent peu et sur lequel ils exercent encore moins de contrôle ».24 L’importance du tourisme dans l’apport d’argent est particulièrement perceptible depuis la disparition du tourisme à grande échelle dans le Sepik. Silverman note que « sans touristes (…), il n’y a pas d’argent ».25 Chacun est alors libre de se faire son propre avis sur le tourisme et son impact dans le Sepik.

Enzo Hamel

Image à la une: À la recherche des “sauvages”? © Photographie extraite du documentaire “Cannibal Tours”, 1988.

1 MALINOWSKI, B., 1989 [1922]. Les Argonautes du Pacifique Occidental. Paris, Gallimard, p. 60.

2 O’Rourke in MACCANNELL, D., 1990. “Cannibal Tours.” Society for Visual Anthropology Review, vol. 6, p. 14.

3 COIFFIER, C., 1991. “Cannibal Tours, l’envers du décor: mani belong Wagtman”. Journal de la Société des Océanistes, 92-93, p. 181.
Et SILVERMAN, E., 2004. “Cannibalizing, Commodifying, or Creating Culture? Power and Art in Sepik River Tourism.” In LOCKWOOD V. (ed.), 2004. Globalization and Culture Change in the Pacific Islands. Upper Saddle River, NJ, Prentice-Hall, p. 340.

4 MACCANNELL, D., 1990. “Cannibal Tours.” Society for Visual Anthropology Review, vol. 6, p. 18.

5 COIFFIER, C., 1991. “Cannibal Tours, l’envers du décor: mani belong Wagtman”. Journal de la Société des Océanistes, 92-93, p. 182.
Et SILVERMAN, E., 2019. “Tourist Art as the Crafting of Identity in the Sepik River (Papua New Guinea).” In PHILLIPS, R. et C. B. STEINER (ed.), 2009. Unpacking Culture: Art and Commodity in Colonial and Postcolonial Worlds. Oakland, University of California Press, p. 52.

6 SILVERMAN, E., 2004. “Cannibalizing, Commodifying, or Creating Culture? Power and Art in Sepik River Tourism.” In LOCKWOOD V. (ed.), 2004. Globalization and Culture Change in the Pacific Islands. Upper Saddle River, NJ, Prentice-Hall, p. 340.

7 SILVERMAN, E., 2004. “Cannibalizing, Commodifying, or Creating Culture? Power and Art in Sepik River Tourism.” In LOCKWOOD V. (ed.), 2004. Globalization and Culture Change in the Pacific Islands. Upper Saddle River, NJ, Prentice-Hall, p. 348.

8 Propos extraits du documentaire.

9 PALMER, C. et J.-A. LESTER, 2007. “Stalking the cannibals. Photographic behaviour on the Sepik River.” Tourist Studies, Vol. 7, No. 1,  p. 98.

10 PALMER, C. et J.-A. LESTER, 2007. “Stalking the cannibals. Photographic behaviour on the Sepik River.” Tourist Studies, Vol. 7, No. 1,  p. 99.

11 BRUNER, E. M., 1989. “Review: Of Cannibals, Tourists and Ethnographers.” Cultural Anthropology, Vol. 4, No. 4, pp. 438-445.

12 SILVERMAN, E., 1999. “Tourist Art as the Crafting of Identity in the Sepik River (Papua New Guinea).” In PHILLIPS, R. et C. B. STEINER (ed.). Unpacking Culture: Art and Commodity in Colonial and Postcolonial Worlds. Oakland, University of California Press, p. 52.

13 MACCANNELL, D., 1990. “Cannibal Tours.” Society for Visual Anthropology Review, vol. 6, p. 14.

14 Elizabeth Edwards cité dans PALMER, C. et J.-A. LESTER, 2007. “Stalking the cannibals. Photographic behaviour on the Sepik River.” Tourist Studies, Vol. 7, No. 1, p. 93.

15 Propos extraits du documentaire.

16 La notion de simulacre est discuté par le réalisateur lui-même: O’Rourke, D. “On the Making of Cannibal Tours.” Disponible ici : http://www.CameraworkLimited.com/articles/html

17 MACCANNELL, D., 1990. “Cannibal Tours.” Society for Visual Anthropology Review, vol. 6, pp. 14-23.

18 SILVERMAN, E., 2004. “Cannibalizing, Commodifying, or Creating Culture? Power and Art in Sepik River Tourism.” In LOCKWOOD V. (ed.), 2004. Globalization and Culture Change in the Pacific Islands. Upper Saddle River, NJ, Prentice-Hall, p. 341.

19 OTA, Y., 1994. “Cannibal Tours (review).” Annales of Tourism Research, Vol. 21, No. 4, p. 886.

20 CARYN, J., 1989. “Review/Film; For Tourists and Papuans The Exploitation Is Mutual”. The New York Times, August 23 1989, p. 14.

21 SILVERMAN, E., 2004. “Cannibalizing, Commodifying, or Creating Culture? Power and Art in Sepik River Tourism.” In LOCKWOOD V. (ed.), 2004. Globalization and Culture Change in the Pacific Islands. Upper Saddle River, NJ, Prentice-Hall,  p. 340.

22 Ibid.

23 SILVERMAN, E., 2004. “Cannibalizing, Commodifying, or Creating Culture? Power and Art in Sepik River Tourism.” In LOCKWOOD V. (ed.), 2004. Globalization and Culture Change in the Pacific Islands. Upper Saddle River, NJ, Prentice-Hall, et Silverman, 2019.

24 SILVERMAN, E., 1999. “Tourist Art as the Crafting of Identity in the Sepik River (Papua New Guinea).” In PHILLIPS, R. et C. B. STEINER (ed.). Unpacking Culture: Art and Commodity in Colonial and Postcolonial Worlds. Oakland, University of California Press, p. 56.

25 SILVERMAN, E, 2012. “From Cannibal Tours to cargo cult: on the aftermath of the tourism in the Sepik River, Papua New Guinea.” Tourism Studies, Vol. 12, p. 110.

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