Malinowski ou le désamour de la photographie de terrain

     Parler des photographies de terrain de Bronislaw Malinowski paraît tout à fait saugrenu. Sa relation avec la photographie n’est pas très heureuse. Il compare notamment dans son journal de terrain la photographie à une croix monstrueuse sur le mont Golgotha de la vie1. Il est le premier à se détacher de cette pratique ethnographique connaissant un grand développement à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Perçue comme une véritable révolution dans la pratique du terrain, la photographie était employée comme un outil d’objectivation. Faisant perdre à la main son rôle essentiel dans l’élaboration d’un objet2, la photographie permet de fixer une vision du monde à un instant donné. Il s’agit de comprendre pourquoi Malinowski montre un tel désintérêt pour la photographie qui était pourtant fervemment défendue par ses aînés. Lire la suite de “Malinowski ou le désamour de la photographie de terrain”

La kula : à la recherche de la renommée

       La Mélanésie est traversée par de nombreux systèmes d’échanges. Mais le système kula, incontournable de tout étudiant en anthropologie, a cela de très particulier qu’il ne constitue pas un échange de biens utilitaires, mais d’objets de valeur, dont l’acquisition est entourée de nombreuses règles. Lire la suite de “La kula : à la recherche de la renommée”

En finir avec nature et culture ? L’exemple de la peinture en Terre d’Arnhem

[Please note: Aboriginal and Torres Strait Islander people should be aware that this article may contain images or names of deceased persons in photographs or printed material.] Lire la suite de “En finir avec nature et culture ? L’exemple de la peinture en Terre d’Arnhem”

La faute à Christophe Colomb

« Je ne puis garantir qu’on n’en fera pas d’autres découvertes à l’avenir, car bien des gens plus qualifiés que nous se sont trompés à propos de celle-ci. J’ai peur que nous ayons les yeux plus grands que le ventre, et plus de curiosité que nous n’avons de capacité. Nous embrassons tout, mais nous n’étreignons que du vent. »1 Lire la suite de “La faute à Christophe Colomb”

The Highlands Trilogy : un monument d’anthropologie visuelle

     Au début des années 1930, sur les hauts plateaux qui cernent le Mont Hagen1, trois explorateurs australiens, les frères Leahy, découvrent de l’or et filment leur rencontre avec les populations qui habitent la vallée de la rivière Wahgi. Cinquante ans plus tard, le documentariste Bob Connolly et la sociologue Robin Anderson capturent, lui à l’image, elle au son, la vie des descendants et survivants de ce «premier contact». Dans First Contact (Premier contact), ils discourent avec les habitants de ces hautes-terres des images d’archives produites par les frères Leahy et qu’ils ont apportées avec eux. À la suite de ce premier échange, Connolly et Anderson s’installent deux années durant à mi-distance du village des Ganiga et de la maison de Joe Leahy, métisse né de l’union d’une papou et d’un des frères Leahy qui dirige une plantation de café, pour filmer les deux autres volets de la trilogie : Joe Leahy’s Neighbours (les voisins de Joe Leahy) et Black Harvest (traduit en français par Récolte sanglante).   Lire la suite de “The Highlands Trilogy : un monument d’anthropologie visuelle”

La part sombre de l’humanité ? – études sur la violence et la guerre

« La Guerre ne peut mourir, car c’est une loi de la vie. Vie = agression. Paix universelle = décrépitude et agonie des races. Guerre = mise à l’épreuve sanglante et nécessaire de la force d’un peuple. »

F. T. Marinetti, In quest’anno futurista, 29 novembre 1914. Lire la suite de “La part sombre de l’humanité ? – études sur la violence et la guerre”

Des techniques du corps à l’ornementation en Océanie : affirmation sociale et magie de séduction

       Aujourd’hui, le Casoar a décidé de s’intéresser à l’usage quotidien que nous faisons de notre corps, à la façon dont nous l’ornons, et dont nous manions les outils qui nous entourent. N’avez-vous jamais, lorsque vous marchiez, dansiez, nagiez, soudain prêté une totale attention à vos mouvement, afin de les voir se succéder de façon fluide? Ne vous êtes-vous pas demandé.e pourquoi vous nagiez ou marchiez de cette certaine façon, avec telle position corporelle, tel rythme ? Lire la suite de “Des techniques du corps à l’ornementation en Océanie : affirmation sociale et magie de séduction”

Introduction à la notion d’« ancêtre » en Océanie : L’absence du Néant

       Cet article est une tentative de mise en valeur d’une partie des particularités que recouvrent la notion de « mort » en Océanie et plus particulièrement en Mélanésie1. Cette approche a pour but premier d’expliquer comment émergent les « ancêtres » afin de donner une idée de ces entités inconnues de l’Occident. Il va sans dire qu’une telle généralisation souffre d’exceptions et de contre-exemples qui ne sont pas mentionnés pour des raisons de clarté. Lire la suite de “Introduction à la notion d’« ancêtre » en Océanie : L’absence du Néant”

Cannibales et Vahinés : cartographie d’un imaginaire occidental

         Les cartes sont des outils scientifiques. Elles permettent à l’homme d’appréhender son environnement en reportant sur une surface plane un ensemble de réalités objectives à une échelle réduite. Mais elles peuvent également se muer en objets ethnographiques ; produits d’un imaginaire qu’elles contribuent à entretenir et témoignages des connaissances partielles d’une époque. Lire la suite de “Cannibales et Vahinés : cartographie d’un imaginaire occidental”

L’affaire James Cook ou Marshall Sahlins mène l’enquête

       Le 14 février 1779, le capitaine britannique James Cook est poignardé par un membre de l’entourage du roi hawaïen Kalaniopu’u dans la baie de Kealakekua. L’affrontement fatidique entre les hommes de Cook et ceux du roi est dramatiquement représenté dans une aquarelle et un tableau de John Webber. Lire la suite de “L’affaire James Cook ou Marshall Sahlins mène l’enquête”