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De Blandowski à Andrew : l’histoire d’une encyclopédie

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Le « tournant archivistique », qui interroge la nature et la pertinence de la relation entre les archives et l’histoire, se développa dans les années 1990 dans l’art contemporain en Australie1  à travers le travail d’artistes basé sur des archives muséales, des archives de bibliothèque mais aussi des archives à proprement parler. Un des artistes les plus influents dans ce « nouveau » mouvement de re-lecture des archives est Brook Andrew, l’ « artiste conceptuel »2 d’origine celte et wirardjuri (Nouvelle-Galles du Sud, Australie). Brook Andrew peut être considéré comme un « médiateur archivistique »3  qui « recrée et produit un commentaire sur des objets ethnographiques et anthropologiques ».4 C’est à son œuvre The Island (L’île), créée en 2007-2008 à Cambridge, que nous allons nous intéresser. Voir plus

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Du Queensland à la South Sea Evangelical Church : une mission évangéliste aux îles Salomon (Première Partie)

Les missions chrétiennes sont intervenues très tôt dans l’histoire de la colonisation du Pacifique. Dès la fin du XVIIIème siècle, la conversion des populations locales a constitué un enjeu fort pour les églises occidentales. Elle est alors perçue comme une mission divine : « sauver » les âmes des « païens » de l’emprise de fausses divinités. L’entreprise d’évangélisation, intimement associée au processus colonial, a été menée à la fois par des organisations religieuses de taille importante, comme la London Missionary Society en Polynésie ou l’église catholique à travers par exemple la Congrégation des Sacrés Coeurs de Jésus et Marie à Mangareva, mais aussi par une multitude de missions moins connues souvent issues des courants protestants du christianisme. Parmi elle, une église va particulièrement marquer l’histoire de l’archipel des îles Salomon jusqu’à aujourd’hui : la South Sea Evangelical Mission.  Voir plus

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Le marché de l’art à l’heure du coronavirus

        Depuis plusieurs mois la pandémie de Covid-19 bouleverse les habitudes, y compris dans le domaine des arts. À l’heure où se referment, deux événements majeurs de l’agenda artistique parisien : Parcours des mondes (salon d’art extra-européen et d’archéologie) et Art Paris Art Fair (foire d’art moderne et contemporain), CASOAR revient sur l’actualité d’un marché de l’art en pleine mutation.

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R’Sis- L’Tié- Let-Pol : le “sauvage blanc” d’Australie

Lorsque deux hommes n’ayant pas de langue commune se rencontrent, que se disent-ils avant tout ? Leur nom. Je l’avais constaté en Islande comme dans le Pacifique. Je mis la main sur mon cœur – geste cérémonieux que j’espérai universel – et dis :
« Octave de Vallombrun. »
Il fit le même geste – là encore, une attitude en miroir de la mienne qu’il n’avait pas eue auparavant – et répéta :
« R’sis- L’tié- Let-Pol. »
S’il se présentait ainsi en insistant sur les deux premiers termes, cela pouvait-il être son nom et son prénom ? J’essayai :
« Narcisse ?
– R’sis ! »
Sa joie était visible, mais les mots se refusaient à sa mémoire et il en avait les larmes aux yeux. J’insistai donc :
« Narcisse ? C’est bien cela, mon garçon ? Tu t’appelles Narcisse ?
– R’sis », confirma-t-il en posant la main sur son cœur.
Nous restâmes alors muets, émus tous deux de ce premier contact. Je le fixai sans cesse, comme si son visage allait me révéler le secret de son existence.1

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À toi appartient le regard : la photographie contemporaine s’invite au musée du quai Branly – Jacques Chirac

           De la photographie contemporaine au musée du quai Branly – Jacques Chirac (MQB-JC) ? Depuis son ouverture en 2006, le musée s’est davantage spécialisé dans la conservation et l’exposition des cultures anciennes des continents africains, américains, asiatiques et océaniens. Toutefois, les créations contemporaines non-européennes intègrent également les champs de recherches et les intérêts des équipes du musée, en particulier la peinture aborigène sur toile ou monumentale1 et la photographie. Voir plus

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Les musées peuvent-ils tout exposer ? Les “tjuringa”, un secret bien gardé ?

       Si vous avez l’occasion de visiter l’exposition « La quête du savoir rencontre la soif de collectionner » au musée des Cultures de Bâle,1 vous vous interrogerez certainement quant à la présence d’un rectangle orange dans l’une des vitrines, au sein duquel… aucun objet n’est présenté. À première vue, on pourrait croire que cette absence est due à un souci de restauration, un prêt qui n’est pas arrivé à temps, bref un problème technique. Si vous regardez de plus près, il est en réalité indiqué que l’objet en question ne sera pas présenté, car il ne peut être vu par tous.

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À vélo sur les pistes de l’outback australien : rencontre avec Eddie Mittelette

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      Cette semaine, nous partons à la rencontre d’Eddie Mittelette. Voyageur au long cours, il est l’auteur du livre Aborigènes – avec les derniers nomades d’Australie (2015)1, récit personnel richement documenté publié aux éditions Transboréal. L’auteur y narre son périple de 11 000 kilomètres à vélo sur les pistes de l’ouest australien à la rencontre des Aborigènes Martu. Un portrait affûté et saisissant de l’outback2 contemporain.  Voir plus

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Qui de l’œuf ou de l’émeu ? À la découverte de l’orfèvrerie coloniale australienne

       C’est un fait bien connu, les émeus pondent des œufs d’une taille impressionnante : 13 à 14 cm de long pour environ 900g. De quoi faire une omelette avantageuse ! La passion qu’ont brièvement inspiré ces œufs à l’aristocratie australienne de la fin du XIXème siècle ne doit pourtant rien à leurs qualités culinaires.

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Existe-t-il une créature répondant au nom de « culture traditionnelle » ? *

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         Ainsi que l’explique Sean Mallon dans son désormais célèbre article Against Tradition (Contre la Tradition) (2010), l’histoire a commencé avec l’écrivain samoan Albert Wendt. Wendt a commencé la discussion autour du mot « tradition » et de son usage dans les années 1970. Mais le débat à proprement parler a vraiment pris de l’ampleur dans les années 90 lorsque Wendt était membre du Comité Consultatif Pacifique pour la création du musée Te Papa Tongarewa, Wellington, Nouvelle-Zélande. Wendt fait alors une demande très simple : il demande l’abandon du terme « art traditionnel »1 dans le musée à venir. Mais pourquoi ?

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Les masques en écaille de tortue du Détroit de Torres

       Aujourd’hui, CASOAR a décidé de se pencher sur les surprenants masques en écaille de tortue de l’archipel du Détroit de Torres, à présent politiquement rattaché à l’Australie.
Cette région se situe entre la pointe du Cap York du Nord de l’Australie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Dès 1606, le navire allemand Dyfken « découvre » l’existence de l’archipel. Quelques mois plus tard, Luiz Baes de Torres, qui lui donnera son nom, le traverse avec deux navires. L’un des capitaines, Diego de Prado, remarque l’existence des masques en écaille de tortue. En 1777, James Cook prend possession des terres pour la Couronne anglaise. Un siècle plus tard, en 1871, la London Missionary Society s’installe à Erub, une île de la région orientale. Dans les mêmes années, l’administration australienne interdit toutes les cérémonies. Enfin, en 1888 et en 1898, le biologiste et ethnologue Alfred Cort Haddon se rend dans le Détroit de Torres, à Mabuiag (à l’Ouest de l’archipel). Bien qu’il s’intéressât d’abord à la biologie marine, il entreprit aussi de nombreux travaux à propos des productions et des pratiques artistiques locales. Il rapporta d’ailleurs un nombre important d’objets, aujourd’hui conservés au British Museum et surtout au Museum of Archeology and Anthropology de Cambridge. Voir plus