L’ ’ahu’ula de Kamehameha I : matérialisation de l’essence divine du chef hawaïen par la parure de plumes

      Un regard dirigé vers le lointain, une main droite ouverte vers l’avant dans un geste d’accueil : ainsi s’élève la statue du roi Kamehameha I, devant la façade du Ali’iolani Hale, l’ancien palais royal hawaïen situé à Honolulu (Oahu, Hawaï) qui abrite désormais la Cour Suprême d’Hawaï.

     Né en 1758 et décédé en 1819, Kamehameha Le Grand fut le fondateur en 1810 du royaume hawaïen. Il parvint à dominer les différentes îles de l’archipel grâce à ses qualités de fin stratège et de guerrier mais aussi à l’aide de ses compétences diplomatiques et des alliances qu’il noua avec les puissances coloniales présentes dans le Pacifique au XIXème siècle. Lire la suite de “L’ ’ahu’ula de Kamehameha I : matérialisation de l’essence divine du chef hawaïen par la parure de plumes”

Le Sandroing au Vanuatu, bien plus qu’un dessin

        En 2008, la tradition de dessin sur le sable du Vanuatu se voyait inscrite sur la liste du Patrimoine Culturel Immatériel (PCI) de l’Unesco. Cette pratique consiste à tracer au doigt et à même le sol une ligne continue, contrainte par un quadrillage de lignes ou de points. C’est l’anthropologue anglais Bernard Deacon1 qui, le premier, s’intéressa à cette tradition en particulier et la documenta, lui donnant le nom de « sand-drawing ». John Layard2 préférait la nommer « tracé sur le sable ». Au cours de cet article nous verrons pourquoi, appliquée à cette coutume qui s’est développée du nord-ouest d’Epi au sud-est des îles Salomon via les îles du centre-nord – où elle a atteint son apogée – et les îles Banks et Torres, la désignation « dessin » peut paraitre réductrice. Plus que de simples motifs décoratifs, on regroupe sous cette appellation une grande variété de tracés remplissant plusieurs fonctions et niveaux de signification ; rituels, mnémotechniques, à fin de communication, humoristiques. Lire la suite de “Le Sandroing au Vanuatu, bien plus qu’un dessin”

L’étude des techniques en anthropologie : brève introduction

       L’anthropologie des techniques est un pan de la science de l’étude de l’Homme qui s’intéresse à l’Histoire et aux usages des faits techniques en tant qu’actions de l’Homme sur la matière, ce qui en fait une technologie au sens propre du terme1 . Elle concerne, par exemple, l’étude des moyens mis en œuvre et du processus pour abattre un arbre, mais également des problématiques beaucoup plus contemporaines comme le processus d’interaction d’un individu avec un ordinateur lors de sa mise en fonctionnement2. L’intérêt pour l’étude technologique a toujours existé au sein de la discipline, voire même dans certains récits de voyageurs qui précèdent son apparition, cependant elle n’a pas toujours été envisagé avec les mêmes enjeux ni le même intérêt. Lire la suite de “L’étude des techniques en anthropologie : brève introduction”

Un pont entre deux pays : la Commande Publique d’Art Aborigène au musée du quai Branly

              Laissez-moi vous compter l’histoire d’une des grandes oubliées du musée du quai Branly, la Commande d’Art Publique Aborigène. Bien que largement mise à l’honneur lors de l’ouverture du musée en 2006, cette collection d’œuvres aborigènes contemporaines fait désormais « partie des murs », au sens propre comme au figuré. Lire la suite de “Un pont entre deux pays : la Commande Publique d’Art Aborigène au musée du quai Branly”

De la grotte d’Ouvéa au musée du Quai Branly : l’étrange cas du docteur Jacques et de Mister Chirac, partie II

       Nous vous avions laissé la semaine dernière en nous arrêtant au milieu des années 1990 sur ce maire de Paris s’improvisant guide de musées, venant de révéler au grand public une passion pour l’art extra-européen portée en lui depuis ses plus jeunes années, une passion qui contrastait fortement avec sa politique en Outre-Mer. Ces deux aspects opposés d’un même personnage allaient prendre encore une toute autre ampleur dans la deuxième moitié des années 1990.

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