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“Primitif”, “primitivisme” : qui, quand, pourquoi ?

Le « primitivisme » n’est pas un mouvement artistique unifié, ni même toujours conscient ou revendiqué. Il s’agit d’une tendance ayant fait l’objet d’une interprétation ultérieure par l’histoire de l’art. Le « primitivisme » renvoie à un ensemble de pratiques et d’attitudes d’artistes occidentaux vis-à-vis à la fois du passé occidental – découvertes archéologiques, folklore lorsqu’il est perçu comme une survivance – et également des populations lointaines, considérées selon un angle évolutionniste comme relevant de stades antérieurs de l’évolution – les Amériques, l’Océanie et l’Afrique. Voir plus

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Entre tradition, modernité et christianisme : comprendre le revival culturel chez les Gogodala

Situé entre les fleuves du Fly au Sud et Aramia au Nord, dans la province occidentale de la Papouasie Nouvelle-Guinée, se trouve la population Gogodala. La région est particulièrement connue pour les événements qui se sont produits à partir des années 1970, mouvement de ce qui a été appelé ‘revival culturel’, traduit parfois par revitalisation culturelle. Mais comment comprendre cette “renaissance” artistique et culturelle ?  Voir plus

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De Blandowski à Andrew : l’histoire d’une encyclopédie

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Le « tournant archivistique », qui interroge la nature et la pertinence de la relation entre les archives et l’histoire, se développa dans les années 1990 dans l’art contemporain en Australie1  à travers le travail d’artistes basé sur des archives muséales, des archives de bibliothèque mais aussi des archives à proprement parler. Un des artistes les plus influents dans ce « nouveau » mouvement de re-lecture des archives est Brook Andrew, l’ « artiste conceptuel »2 d’origine celte et wirardjuri (Nouvelle-Galles du Sud, Australie). Brook Andrew peut être considéré comme un « médiateur archivistique »3  qui « recrée et produit un commentaire sur des objets ethnographiques et anthropologiques ».4 C’est à son œuvre The Island (L’île), créée en 2007-2008 à Cambridge, que nous allons nous intéresser. Voir plus

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Du Queensland à la South Sea Evangelical Church : une mission évangéliste aux îles Salomon (Deuxième Partie)

En 1901, le Commonwealth Restricted Immigration Act prive la Queensland Kanaka Mission (QKM) de sa raison d’être en interdisant le recours à des travailleurs étrangers dans les plantations australiennes. Les missionnaires se trouvent alors face à la question du devenir des convertis chrétiens une fois rentrés dans leurs archipels d’origine. La situation des îles Salomon apparaît particulièrement préoccupante à leurs yeux car il n’existe encore quasiment aucune présence chrétienne dans l’archipel à cette époque et donc aucune église pour accueillir les nouveaux chrétiens. C’est ainsi que, depuis l’Australie, la QKM va se tourner vers les îles Salomon.
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Du Queensland à la South Sea Evangelical Church : une mission évangéliste aux îles Salomon (Première Partie)

Les missions chrétiennes sont intervenues très tôt dans l’histoire de la colonisation du Pacifique. Dès la fin du XVIIIème siècle, la conversion des populations locales a constitué un enjeu fort pour les églises occidentales. Elle est alors perçue comme une mission divine : « sauver » les âmes des « païens » de l’emprise de fausses divinités. L’entreprise d’évangélisation, intimement associée au processus colonial, a été menée à la fois par des organisations religieuses de taille importante, comme la London Missionary Society en Polynésie ou l’église catholique à travers par exemple la Congrégation des Sacrés Coeurs de Jésus et Marie à Mangareva, mais aussi par une multitude de missions moins connues souvent issues des courants protestants du christianisme. Parmi elle, une église va particulièrement marquer l’histoire de l’archipel des îles Salomon jusqu’à aujourd’hui : la South Sea Evangelical Mission.  Voir plus

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Des curiosités exotiques au primitivisme

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Cet article a été écrit pour le catalogue de la troisième édition du Bourgogne Tribal Show, 2018.

« Tu marches vers Auteuil tu veux aller chez toi à pied
Dormir parmi tes fétiches d’Océanie et de Guinée
Ils sont des Christs d’une autre forme et d’une autre croyance »
Guillaume Apolinaire, « Zone », 1913.

Ces vers du poète Guillaume Apollinaire témoignent de son intérêt précoce pour les arts extra-européens. Nous sommes en 1913, à la veille de la première guerre mondiale et le bientôt célèbre recueil de poèmes Alcools, vient de paraître. Apollinaire ne le sait pas encore, mais le regard porté par l’Occident sur les objets du Pacifique est à l’aube d’une double métamorphose qui marquera radicalement l’histoire des arts et des musées ethnographiques. Voir plus

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« Et une fois de plus, Viot repart pour les Tropiques » *

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Cet article a été écrit pour le catalogue de la troisième édition du Bourgogne Tribal Show, 2018.

      « Poète sans maison d’édition ni travail »1, Jacques Viot entre dans la sphère des galeries parisiennes et, plus particulièrement, du milieu surréaliste dans les années 20. Il représente alors des artistes comme Joan Miró. Mais après avoir travaillé pour plusieurs artistes et galeries et à force de dettes, Viot prend la mer pour rejoindre le Pacifique en 1926. De retour à Paris en 1928, Viot recontacte Pierre Loeb – galeriste parisien depuis 1924 – avec qui il avait travaillé avant son départ et lui propose de partir dans les mers du sud à son compte afin de rapporter des objets alors en vogue, notamment chez les surréalistes. Voir plus

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Hinemihi o te Tawhito dans le Surrey : conserver un bien culturel en exil (partie 2)

“[…] Yes, I am there to welcome you … we lament the dead
I wait for the whaikorero to start,
Yes, you acknowledge me, and I you
I wait for the tamariki, they on my paepae
Yes, I cry, for they fill me with pride and hope
I wait for the rhythm of the kapahaka…
Yes, I can dance along … I know your songs
I wait for the smell of the kei to emerge from the ground,
Yes, I will eat with you and you with me
We feed a need to perpetuate the past and the present
And in doing so we bring forth Rongomatane and Papatuanuku
So who invited Tu ?”
So who invited tu ?, Rosanna Raymonds

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Hinemihi o te Tawhito dans le Surrey : conserver un bien culturel en exil (partie 1)

“I am the house
Feeling the cold… my korowai taken from me
and I shudder in the grip of this sharp wind
Were you not stoking the fires
Keeping me warm
I was holding fort
You holding forth
Is the past too harder a task…I ask
And I wait as I do… …as I have… …as I will
As you come in your hundreds, thousands
Year after year we have shared the air
Embraced by the uri of Nga Hau e wha
I wait for the karanga to take you to the sky […]”
So who invited tu ?, Rosanna Raymonds Voir plus