Sous le béton, le poison

Sous le béton, le poison
Sous le béton, le poison, Garance Nyssen, 2019 © Garance Nyssen

       L’ethnologue n’est pas un artiste. Ou alors à ses heures perdues… Cependant, la photographie, le film, le dessin, le collage, la peinture et d’autres techniques alternatives à celle de l’écriture peuvent lui être extrêmement utiles. Il peut y avoir recours sur le terrain, mais aussi lors de restitutions scientifiques. Consigner et exprimer une pensée à travers ces média, totalement ou partiellement distincts des mots, permet aux protagonistes de l’enquête ethnographique d’exprimer des choses nouvelles ou de se faire comprendre d’une autre manière.
La photographie fixe des moments, des images. Elle permet de prendre la vie en train de se faire, mais aussi de décomposer des mouvements, ce qui la rend si utile dans le champ de l’anthropologie des techniques. Le film permet aussi cela, mais sa fluidité peut nous empêcher de tout voir.
Le dessin, selon moi, permet peut-être de comprendre encore mieux un fait ethnographique. Dégainer son appareil photo ou sa caméra à tout moment devient de plus en plus facile. Mais prenez un crayon et concentrez-vous : « La concentration intense que requiert la copie permet de révéler des signes et des images qui vous étaient auparavant invisibles »1. Le souci de fidélité et de ressemblance permettent au dessinateur d’être plus attentif. Le dessin permet aussi de faire voir l’invisible : un fantôme, une substance, un sentiment, etc grâce aux couleurs et aux différents types de graphisme. Il permet aussi de « libérer la parole »2 sur le terrain, mais aussi d’exprimer ce qui ne peut être dit à l’oral.

       À travers cet exercice que vous venez de voir-lire, j’ai voulu restituer l’article que j’avais écrit sur le Dôme de Runit en une planche, seulement, de bande dessinée. Celle-ci est très certainement imparfaite, mais elle m’a offert la possibilité de m’exprimer autrement que par la seule utilisation des mots.

Assez parlé…

Merci à Aude et Magali, les Gribouilleuses qui m’accompagnent dans les tourbillons des arts-plastiques depuis si longtemps, 

Garance Nyssen 

Image à la une : Photographie : © Garance Nyssen

« The intense concentration copying requires reveals signs and images that were invisible before » in CAUSEY A., 2017. Drawn to see. Drawing as an ethnographic method. Toronto, University of Toronto Press., p.38.

2 CALANDRA M., 2013, « Faire dessiner le terrain », Techniques & Culture [En ligne], 60, mis en ligne le 19 juin 2016, consulté le 20 janvier 2019. URL : http://tc.revues.org/6822.  

Bibliographie :

 

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