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Les dents du crocodile, les griffes de l’ours – rencontre(s) entre Val Plumwood et Nastassja Martin

Le livre Dans l’œil du crocodile1 débute avec un récit, celui d’une « rencontre »2, entre l’autrice, Val Plumwood (née Val Morell, 1939-2008) et un crocodile. Cette rencontre a lieu dans le Territoire du Nord australien, en 1985, sur la rivière East Alligator du parc national Kakadu. Plumwood, fine connaisseuse des environs, s’est engagée sur un nouveau trail, préparé par le ranger Greg Miles, qui lui a proposé de le tester avant qu’il ne soit ouvert au public. Des fortes pluies ont néanmoins gonflé les eaux qui bientôt gomment les marques du parcours. Se décidant à rentrer, Plumwood aperçoit soudain ce qui ressemble à un bâton :  Voir plus

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Lignes, formes, couleurs et textures. Le dessin en anthropologie

Une image populaire de l’ethnographe consiste à l’imaginer doté·e d’un carnet et d’un crayon, griffonnant jour et nuit, ce qu’iel a observé, posant sur le papier ses premières réflexions, desquelles suivront ensuite des analyses, transposées dans une revue ou un ouvrage scientifique – à l’écrit –, ou bien présentées lors d’une communication – à l’oral.  Voir plus

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Ka Mate ! le haka superstar

Si je vous dis haka, à quoi songez-vous ? Ce sont sans doute les All Blacks, membres de l’équipe nationale de rugby à XV de Nouvelle-Zélande qui surgissent dans votre esprit. Et pour cause, les sportifs ont largement contribué à populariser le haka avec leur célèbre Ka Mate !, une danse guerrière réalisée depuis 1987 à chaque début de match.1

Mais que sait-on réellement du haka ? Cette semaine, CASOAR vous embarque pour la Nouvelle-Zélande à la découverte de cette célèbre pratique. 

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« Cannibal Tours » : Cannibalisme, tourisme et capitalisme

« Il n’y a rien de plus étrange,
dans une terre étranger,
que l’étranger qui vient
la visiter »
Dennis O’Rourke

« Imaginez-vous soudain, débarquant, entouré tout votre attirail, seul sur une grève tropicale, avec, tout à côté, un village d’indigènes, tandis que l’embarcation qui vous a amené cingle au large pour bientôt disparaître. »1

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« Visual repatriation » : déterminer un présent pour le passé

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        Comme l’affirme Elizabeth Edwards, « la visual repatriation consiste, à bien des égards, à déterminer un présent pour les photographies historiques, en réalisant leur « potentiel à créer de nouveaux récits » qui permettent de comprendre combien ce passé est pertinent pour le présent et de répondre aux besoins de ce présent. »1 Edwards explique que la visual repatriation – terme anglais consacré qui se traduirait en français par « rapatriement visuel » – est tout d’abord un moyen pour les autochtones comme pour les détenteurs de collections, de faire la lumière sur un des groupes de photographies, généralement prises aux XIXème et XXème siècles, mais aussi d’obtenir des renseignements sur ces photographies. Plus important encore, on peut considérer que la visual repatriation est un moyen de créer des récits qui permettent de créer un pont entre le passé et le présent. Voir plus

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Terrible Jungle : Lévi-Strauss est mort ce soir

      Avions-nous vraiment beaucoup d’espoir en nous rendant dans cette obscure salle de cinéma, voir Terrible Jungle, l’un des derniers-nés du cinéma français ? Peut-être pas. La bande-annonce ne nous avait, certes, pas franchement conquis – même si, nous devons bien l’admettre, nous avions ri à la blague évoquant les revenus, ou plutôt les non-revenus de l’anthropologue. Mais CASOAR ne pouvait rater un des rares films mettant en scène l’anthropologie ! C’est à ce titre que nous vous proposons cet article, et non pas en tant que spécialistes de la Guyane française ou du cinéma. Voir plus

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Les marins sont-ils les premiers ethnologues français ? Une brève histoire du musée de la Marine du Louvre

       Marine, ethnographie et Louvre ? Pour les lecteur du XXIème siècle que nous sommes, il y a fort à parier que ces mots semblent bien éloignés les uns des autres. Et pourtant ! Si l’idée de pousser la porte du musée de la Marine pour y rencontrer des œuvres extra-européennes nous paraît saugrenue aujourd’hui, c’est bien dans le giron de la Marine que naît, en France, l’embryon de l’un des premiers musées ethnographiques.1 Voir plus

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Existe-t-il une créature répondant au nom de « culture traditionnelle » ? *

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         Ainsi que l’explique Sean Mallon dans son désormais célèbre article Against Tradition (Contre la Tradition) (2010), l’histoire a commencé avec l’écrivain samoan Albert Wendt. Wendt a commencé la discussion autour du mot « tradition » et de son usage dans les années 1970. Mais le débat à proprement parler a vraiment pris de l’ampleur dans les années 90 lorsque Wendt était membre du Comité Consultatif Pacifique pour la création du musée Te Papa Tongarewa, Wellington, Nouvelle-Zélande. Wendt fait alors une demande très simple : il demande l’abandon du terme « art traditionnel »1 dans le musée à venir. Mais pourquoi ?

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Faire l’expérience du beau : le masque Hemlout de Nouvelle-Bretagne

      En vous promenant sur le plateau des collections permanentes du Musée du Quai Branly-Jacques Chirac, peut-être aurez vous remarqué un étrange masque coloré composé de deux cônes en vannerie surmontés d’une ombrelle imposante.

        Il s’agit d’un masque Hemlout1 (ou Hemloüt2) confectionné par des hommes Sulka, population de l’est de la Nouvelle-Bretagne (politiquement rattachée à la Papouasie-Nouvelle-Guinée3). Voir plus

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Le Sandroing au Vanuatu, bien plus qu’un dessin

        En 2008, la tradition de dessin sur le sable du Vanuatu se voyait inscrite sur la liste du Patrimoine Culturel Immatériel (PCI) de l’Unesco. Cette pratique consiste à tracer au doigt et à même le sol une ligne continue, contrainte par un quadrillage de lignes ou de points. C’est l’anthropologue anglais Bernard Deacon1 qui, le premier, s’intéressa à cette tradition en particulier et la documenta, lui donnant le nom de « sand-drawing ». John Layard2 préférait la nommer « tracé sur le sable ». Au cours de cet article nous verrons pourquoi, appliquée à cette coutume qui s’est développée du nord-ouest d’Epi au sud-est des îles Salomon via les îles du centre-nord – où elle a atteint son apogée – et les îles Banks et Torres, la désignation « dessin » peut paraitre réductrice. Plus que de simples motifs décoratifs, on regroupe sous cette appellation une grande variété de tracés remplissant plusieurs fonctions et niveaux de signification ; rituels, mnémotechniques, à fin de communication, humoristiques. Voir plus