Le guide du routard ontologique

      La vulgarisation n’a pas toujours bonne presse auprès des anthropologues mais que celui qui n’a jamais eu envie de crier « Kamoulox » au milieu d’une de ces phrases où Philippe Descola parvient à caser à la fois les termes « ontogenèse » et « solipsisme » me jette la première pierre. Car si nous sommes convaincus chez Casoar que l’anthropologie est bonne pour la santé, elle est souvent bien difficile d’accès pour les non spécialistes et constitue aux yeux de beaucoup une discipline d’initiés, peu accueillante. Pourtant, aujourd’hui plus que jamais, l’anthropologie est nécessaire, vitale même, pour nous permettre de penser le monde qui nous entoure. C’est pourquoi Casoar a décidé de s’attaquer aujourd’hui avec vous à une question particulièrement épineuse et complexe mais ô combien riche d’enseignements : le tournant ontologique.

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Le pouvoir de la lumière : le phénomène d’iridescence dans les Salomon orientales

« Le crépuscule est le moment où les choses se confondent, et où les êtres, morts ou vivants, croisés le long d’un chemin ou sur le rivage, sont indifférenciés ».1 La brillance et plus particulièrement l’iridescence, sont des phénomènes visuels que nous expérimentons tous au quotidien. Il s’agit d’aberrations chromatiques, qui résultent de la capacité qu’ont certains corps à refléter la lumière de telle sorte que celle-ci est décomposée. Seules certaines couleurs sont alors visibles. Vous retrouvez un tel phénomène sur le pourtour des nuages, qui parait parfois irisé. Ceci est dû aux gouttes d’eau contenues dans l’atmosphère qui filtrent la lumière solaire. C’est aussi le cas des couleurs que vous pouvez observer au crépuscule, liées à la « réfraction, à la dispersion et à l’absorption sélective des rayons solaires ».2 Comment réagissez-vous à de tels phénomènes ? Qu’est-ce que cela évoque dans votre imaginaire ? Lire la suite de “Le pouvoir de la lumière : le phénomène d’iridescence dans les Salomon orientales”

Rencontre par-delà la mort : le rambaramp au musée

       En parcourant l’espace dédié aux collections océaniennes du Musée du Quai Branly – Jacques Chirac selon le sens consacré (c’est-à-dire en le remontant vers la droite depuis l’entrée), le visiteur finira immanquablement par déboucher dans l’espace présentant les collections issues de l’Archipel du Vanuatu, marqué par l’imposante présence des tambours à fente. À partir de là, il fait alors face à un embranchement ; aller à gauche et se diriger vers l’alignement de flèches faîtières et d’appliques de chambranles kanak ou bien laisser sa curiosité le porter vers l’intrigante ouverture sombre qui s’ouvre à sa droite ? Lire la suite de “Rencontre par-delà la mort : le rambaramp au musée”

Le Centre Culturel du Vanuatu – Petite visite dans une grande maison de réunion

« Je voudrais dire que ce musée et ce complexe culturel ne devraient pas seulement être des lieux pour disposer des objets culturels, mais devraient devenir un centre où l’on pourraient venir pour s’inspirer de cette culture mais aussi où l’on viendraient se découvrir soi même… un endroit où la sagesse du passé peut enrichir les Ni-Vanuatais et leur donner les clés afin de devenir de meilleurs citoyens de la nation mais aussi du monde. »1 Lire la suite de “Le Centre Culturel du Vanuatu – Petite visite dans une grande maison de réunion”

Malinowski ou le désamour de la photographie de terrain

     Parler des photographies de terrain de Bronislaw Malinowski paraît tout à fait saugrenu. Sa relation avec la photographie n’est pas très heureuse. Il compare notamment dans son journal de terrain la photographie à une croix monstrueuse sur le mont Golgotha de la vie1. Il est le premier à se détacher de cette pratique ethnographique connaissant un grand développement à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Perçue comme une véritable révolution dans la pratique du terrain, la photographie était employée comme un outil d’objectivation. Faisant perdre à la main son rôle essentiel dans l’élaboration d’un objet2, la photographie permet de fixer une vision du monde à un instant donné. Il s’agit de comprendre pourquoi Malinowski montre un tel désintérêt pour la photographie qui était pourtant fervemment défendue par ses aînés. Lire la suite de “Malinowski ou le désamour de la photographie de terrain”

La kula : à la recherche de la renommée

       La Mélanésie est traversée par de nombreux systèmes d’échanges. Mais le système kula, incontournable de tout étudiant en anthropologie, a cela de très particulier qu’il ne constitue pas un échange de biens utilitaires, mais d’objets de valeur, dont l’acquisition est entourée de nombreuses règles. Lire la suite de “La kula : à la recherche de la renommée”

“Le magasin des petits explorateurs” : les clichés meurent aussi

     Tarzan, Tintin et un scout sont sur un bateau… Cela pourrait être le début d’une comptine pour enfant. C’est également le pari de la dernière exposition du musée du Quai Branly qui entend explorer la constitution de l’imaginaire enfantin sur l’Autre de la fin du XVIIIe siècle à nos jours. À la barre, Roger Boulay, Julien Bondaz et Jean-Yves Belfis nous entraînent dans « les cavernes de la mémoire »1 à bord d’un vaisseau aux allures de vide grenier. Lire la suite de ““Le magasin des petits explorateurs” : les clichés meurent aussi”

En finir avec nature et culture ? L’exemple de la peinture en Terre d’Arnhem

[Please note: Aboriginal and Torres Strait Islander people should be aware that this article may contain images or names of deceased persons in photographs or printed material.] Lire la suite de “En finir avec nature et culture ? L’exemple de la peinture en Terre d’Arnhem”

Rambaramp, les effigies funéraires du Vanuatu

       Les effigies funéraires du Vanuatu ou rambaramp sont des habituées des collections et des vitrines de musées. De très nombreuses institutions et personnes privées conservent à travers le monde ces « objets » pourtant majoritairement originaires de la partie sud d’une seule île de l’archipel du Vanuatu, en Mélanésie ; l’île de Malekula. Si les guillemets sont de mise pour les qualifier d’objets, c’est que sa nature et sa fonction sont tout à fait particulières, comme cet article tentera d’en faire la démonstration. Lire la suite de “Rambaramp, les effigies funéraires du Vanuatu”

La faute à Christophe Colomb

« Je ne puis garantir qu’on n’en fera pas d’autres découvertes à l’avenir, car bien des gens plus qualifiés que nous se sont trompés à propos de celle-ci. J’ai peur que nous ayons les yeux plus grands que le ventre, et plus de curiosité que nous n’avons de capacité. Nous embrassons tout, mais nous n’étreignons que du vent. »1 Lire la suite de “La faute à Christophe Colomb”