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L’art de la plume : les kāhili de l’archipel d’Hawaii

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L’archipel d’Hawaii est généralement connu pour ses objets en plumes : ‘ahu‘ula, capes ; mahiole, casques ; kāhili, chasse-mouches ; lei, colliers, etc. Dans ce présent article, CASOAR a toutefois choisi de ne vous présenter qu’un seul de ces emplumés : les kāhili, dont des exemples se trouvent dans les musées à travers le monde et aussi à Hawaii, au Bernice Pauahi Bishop Museum qui en conserve 250 exemplaires.1

kāhili conservés au Bernice Pauahi Bishop Museum, plumes rouge, écaillâmes de tortue, coquillage, ivoire, ruban, 129,5 x 15,2 cm et 107,5 x 16 cm, XIXème siècle

Kāhili conservés au Bernice Pauahi Bishop Museum, plumes rouge, écailles de tortue, coquillage, ivoire, ruban, 129,5 x 15,2 cm et 107,5 x 16 cm, XIXème siècle, 10245/1910.008 et 00090 © CALDEIRA, L., HELLMICH, C., KAEPPLER, A. L., KAM, B. L., et ROSE, G. R. (ed.), 2015. Royal Hawaiian Featherwork Nā Hullu Ali’i, San Francisco. Honolulu, University of Hawai’i Press, pp. 216.

 

Dans l’Hawaiian Dictionary de Mary Kawena Pukui et de Samuel H. Elbert, kāhili est défini comme suit : « pavillon de plumes, un symbole de royauté… brosser, balayer, cingler ».2  Insigne d’autorité, ces objets sont souvent appelés chasse-mouches en Polynésie. Dans cette aire culturelle, leurs formes et leurs matériaux diffèrent. Ceux d’Hawaii sont, pour les plus anciens, composés de bois, d’écaille de tortue, d’os ou d’ivoire et principalement de plumes jaunes, rouges, noires et blanches. Au même titre que les ‘ahu‘ula (capes) et que les mahiole (casque), les kāhili étaient nommés : leur patronyme étant inscrits sur leur manche pour les plus récents.3 Si les noms de nombreux kāhili n’ont pas été conservés, certains ont toutefois traversé le temps, à l’image de ceux de la Reine Emma Kaleleonālani Rooke (1836-1885, épouse de Kamehameha IV). Ainsi, l’un de ses kāhili s’appelle par exemple Lā‘ielohelohe, du nom d’une ancêtre.
Les kāhili sont composés de plusieurs parties :
– l’hulumanu, cylindre de plumes formé par des ‘au, branches,
– le kumu, manche en bois sur lequel sont attachées les branches en partie supérieure et dont le reste fait office d’élément de préhension,
– la pā‘ū, jupe faisant la jonction entre le l’hulumanu et le kumu.
Bien que l’hulumanu soit souvent de forme cylindrique, il peut également prendre d’autres apparences. Il est en tout cas généralement composés de nombreuses ‘au (branches) réalisées à partir de ‘ie‘ie, du pandanus, ou de nervures de feuilles de cocotier. Ces tiges sont souvent séparées en plusieurs brins, ce qui permet d’avoir quatre ou huit excroissances où attacher des grappes de plumes, ce qui donne un effet plus ou moins fourni au cylindre. Elles peuvent en effet se compter par centaines sur certains kāhili. Il était également possible de concevoir les ‘au (branches) à partir de petites unités préexistantes. Roger G. Rose, Sheila Conant et Eric P. Kjellgren font l’hypothèse que cette technique était utilisée lorsqu’un kāhili était conçu à partir d’éléments plus anciens.4  La fibre d’olonā (Touchardia latifolia) était ensuite utilisée pour fixer les ‘au (branches) au kumu (manche). Plus tard, le coton remplaça cette fibre. Le kumu (manche) serait en réalité l’élément le plus important du kāhili car c’est de lui que vient son nom. Plusieurs matériaux étaient utilisés pour le concevoir : une vieille lance en bois, un morceau ou une marqueterie de différents bois ou encore un morceau de bois recouvert d’une alternance de disques en écaille de tortue et de morceaux tubulaires d’ivoire ou d’os, comme sur l’exemple du British Museum portant le numéro d’inventaire Oc,HAW.167. L’os que l’on peut y voir est le tibia droit du chef Kaneoneo de l’île de Kauai. Il se battit sur l’île d’Hawai’i contre Kamehameha Ier qui voulait étendre son pouvoir sur Kauai, mais perdit la bataille. Les os utilisés étaient ceux des bras ou des jambes, « l’un des endroits traditionnels où réside le mana d’une personne ou son pouvoir spirituel ».5 À Hawaii, les os pouvaient être conservés comme des reliques et ils étaient alors cachés et précieusement gardés, ou bien ils étaient inclus dans des objets afin d’humilier ou de rendre hommage à un défunt.6 Enfin, la pā‘ū (jupe) était réalisée dans plusieurs types de matériaux : un kapa (étoffe d’écorce interne battue), un tissu, un tressage en fibres, etc.7 Elle pouvait être recouverte de plumes, comme sur l’exemple du musée du quai Branly-Jacques Chirac [MQB-JC], mais pouvait aussi être laissée tel quel sur les kāhili les plus récents. Sur cet exemple du MQB-JC, un cercle en écaille de tortue sert à la maintenir, mais sur d’autres, une simple bande de kapa pouvait aussi être utilisée. Sur les exemples récents, un ruban de tissu est noué sous la pā’ū (jupe), sur le kumu (manche). Les différentes composantes des kāhili pouvaient facilement être défaites et conservées, ce qui permettait de recomposer d’autres kāhili au fur et à mesure.

Kāhili, plumes de frégate fendues dans leur longueur, filet nae en fibres d’olonā, plumes jaunes et rouge, bois, ivoire de cachalot, écaille de tortue, kapa, fibres végétales, 212 x 23 x 20, musée du quai Branly-Jacques Chirac, 72.53.281.

En Polynésie, les oiseaux et leurs plumes sont des êtres et des matériaux de grande importance car ils sont liés aux divinités. À Hawaii par exemple, la déesse Lā‘ieikawai a une maison couverte de plumes. Les corps des dieux peuvent aussi en être recouverts et les oiseaux eux-mêmes, dans le monde des vivants, sont souvent perçus comme étant des signes de la présence divine. Ainsi, « à travers les parures de plumes, le mana des dieux était étendu aux chefs » 8, les couleurs rouge et jaune étant principalement réservées à ces derniers. Les plumes utilisées dans les productions matérielles à Hawaii proviennent de différents oiseaux, indigènes, endémiques ou importés. Les ‘i‘iwi étaient utilisés pour leurs plumes rouges, de même que les ‘apapane, dont le rouge était plus foncé. Les ‘ō‘ō étaient capturés pour ses plumes jaunes, comme les mamo, ainsi que pour leurs plumes noires.9 Les sources divergent quant à l’avenir des oiseaux : étaient-ils capturés afin qu’on leur prélève quelques plumes, puis relâchés ou bien capturés et tués pour ensuite être mangés ? Il est toutefois certain qu’une catégorie spécifique d’individus était dévouée à cette tâche : les kia manu.10

Si les ‘ahu‘ula (capes) et les mahiole (casque) étaient, semble-t-il, initialement réservés aux chefs et réalisés par des hommes, les lei, colliers en plumes et les kāhili pouvaient être réalisés et utilisés par des cheffes et des femmes de haut rang.11
À l’époque des premiers contacts avec les Européens, il semblerait que les kāhili soient plutôt de petite taille et tenus à la main, à l’image des chasse-mouches du reste de la Polynésie (tahiri à Tahiti, tahi‘i aux Marquises, tāwhiri à Aotearoa — Nouvelle-Zélande, etc.).12 On les appelle les kāhili lele ou les kāhili pa‘a lima. « Bien qu[’ils] procuraient des bénéfices certains comme le rafraîchissement […], ils servaient surtout à marquer la présence et à protéger spirituellement un individu important, ali‘i ou chef ».13 Au XIXème siècle, ce sont les kāhili ku qui se développent le plus. Ils sont de très grande taille (entre deux et cinq mètres de haut) et peuvent tenir debout, sur un pied. Les kāhili restent toutefois toujours des objets qui accompagnent les femmes et hommes de haut rang. Un intendant les suivait constamment, agitant le kāhili au-dessus de la tête de leurs chef·fe·s, l’une des parties la plus sacrée de leur corps. Celleux qui portaient ces objets étaient appelé·e·s les pa‘a kāhili ou lawe kāhili. 

“Intérieur de maison de chef des Îles Sandwich”, lithographie colorée à la main, 18 x 27 cm, vers 1822, Jean-Augustin Franquelin d’après Louis Choris, Honolulu Museum of Art © [Exposition, Fine Arts Museum of San Francisco, Bernice P. Bishop Museum, Honolulu], Royal Hawaiian Featherwork Nā Hullu Ali’i, San Francisco, Honolulu : University of Hawai’i Press, 2015 : p.62.

Dès les années 1820, peu après l’installation des missions, les objets en plumes prirent des sens nouveaux. Ainsi, ils pouvaient être exposés à des occasions spéciales : des examens, des commémorations, des mariages, des funérailles ou des évènements politiques comme l’avènement de souverain·e·s. Ces artefacts, nouvellement utilisés, étaient alors des moyens pour les chef·fe·s de se distinguer des maka‘āinana, des gens du commun.14 Dans ce contexte, les « kāhili aident à authentifier la nation en pleine évolution et ajoutent de l’éclat et du spectacle à la Cour royale ».15 L’exemple de la paire de kāhili nommée Ka‘olohakaakeawe est à ce titre intéressant. Ka‘olohaka était le nom d’un chef de l’île de Moloka‘i qui vécut au début du XVIIIème siècle et il donna son nom à un kāhili ayant appartenu aux chefs de la Maison Kamehameha (1810-1874). Après avoir été utilisé au sein de la famille et placé, par exemple, près du cercueil de Kamehameha III  (1813-1854) lors de ses funérailles, le roi Kalākaua (1838-1891, Maison Kalākaua) le donna à sa sœur, Lili’uokalani (1838-1917). Elle fit enlever les fragments d’os humain qui composaient son kumu (manche) afin de les faire enterrer au mausolée royal de Mauna‘ala. À sa demande, son plumassier, Naheana, divisa les plumes du kāhili afin d’en faire un second, créant de ce fait une paire. La légitimité de Kalākaua à régner étant contestée, l’appropriation de ce kāhili et surtout de son nom, issu de celui d’un ancien chef kānaka maoli, permit au nouveau souverain de légitimer son pouvoir.16
Au XIXème siècle, les kāhili étaient principalement utilisés pendant les cérémonies funéraires. Ils étaient installés autour des cercueils, portés au moment de la procession funèbre pour rejoindre le mausolée, etc. Éventer le mort ou son cercueil pendant toute la veillée était une marque de respect : « Agiter les kāhili consistait à réaliser un mouvement très structuré et discipliné, insistant sur la précision et la synchronisation, et il nécessitait concentration, coordination, endurance et des éléments de chorégraphie ».17 Les cérémonies funéraires royales étant de plus en plus complexifiées tout le long du siècle, le nombre de kāhili aux cérémonies funéraires augmente. Il y en avait par exemple soixante quatorze aux funérailles du Roi Lunalilo (1835-1874). 

Procession funéraire de Keopuolani, aquarelle, 12,7 x 20,3 cm, 1825, William Ellis (?), Hawaiian Mission Houses, HMCS Library, 73.5 NM © [Exposition, Fine Arts Museum of San Francisco, Bernice P. Bishop Museum, Honolulu], Royal Hawaiian Featherwork Nā Hullu Ali’i, San Francisco, Honolulu : University of Hawai’i Press, 2015.

Le 17 janvier 1893, la monarchie hawaiienne fut renversée et les États-Unis créèrent un gouvernement provisoire. Le territoire fut officiellement annexé en 1898 et de ce fait, les artefacts en plumes comme les kāhili furent enlevés du Palais ‘Iolani, dernière résidence royale. S’ils furent alors relégués aux réserves et aux salles d’exposition du Bernice Pauahi Bishop Museum et longtemps perçus par les visiteurs comme des témoignages d’un âge ancien et révolu, ils sont toutefois aujourd’hui, de même que les autres objets en plumes de l’archipel, élevés au rang de symbole identitaire. 

Garance Nyssen 

Image à la une : Abigail Kinoiki Kekaulike Kāhili Room, Bernice Pauahi Bishop Museum, 2015, photographie de Hal Lum et de Masayo Suzuki, Bernice Pauahi Bishop Museum Archives © [Exposition, Fine Arts Museum of San Francisco, Bernice P. Bishop Museum, Honolulu], Royal Hawaiian Featherwork Nā Hullu Ali’i, San Francisco, Honolulu : University of Hawai’i Press, 2015.

1 Marques Hanalei Marzan et Samuel M. ‘Ohukani‘ōhi‘a Gon III, 2015. « The Aesthetics, Materials, and Construction of Hawaiian Featherwork ». In CALDEIRA, L., HELLMICH, C., KAEPPLER, A. L., KAM, B. L., et ROSE, G. R. (ed.), Royal Hawaiian Featherwork Nā Hullu Ali’i, San Francisco. Honolulu, University of Hawai’i Press, p. 35. 

2« Feather standard, symbol of royalty… to brush, sweep, switch », cité par ROSE, Roger G.,  CONANT, S. et KJELLGREN, E. P., 1993. « Hawaiian standing kāhili in the Bishop Museum: An ethnological and biological analysis », The Journal of the Polynesian Society, vol.102, n°3, p. 279. 

3 Ibid, p. 279.

4 Ibid, pp.284-5. 

5 « one of the traditional residing places of a person’s mana or spirituel power », Ibid, pp.286-8. 

6 HOOPER, Steven (dir.), 2006. Pacific Encounters, Art & Divinity in Polynesia, 1760-1890. Wellington, Te Papa press, p. 43. 

7 ROSE, Roger G.,  CONANT, S. et KJELLGREN, E. P., 1993. « Hawaiian standing kāhili in the Bishop Museum: An ethnological and biological analysis », The Journal of the Polynesian Society, vol.102, n°3, pp.289-91.

8 « Trough feather adornment, the mana of the gods was extended to the chiefs », Marques Hanalei Marzan et Samuel M. ‘Ohukani‘ōhi‘a Gon III, 2015, « The Aesthetics, Materials, and Construction of Hawaiian Featherwork ». In CALDEIRA, L., HELLMICH, C., KAEPPLER, A. L., KAM, B. L., et ROSE, G. R. (ed.), Royal Hawaiian Featherwork Nā Hullu Ali’i, San Francisco. Honolulu, University of Hawai’i Press, p.31.

9 TE RANGI HIROA (BUCK, P. H), 1957. Arts and Crafts of Hawaii. Honolulu, Bishop Museum Press, pp.217-8. 

10 Marques Hanalei Marzan et Samuel M. ‘Ohukani‘ōhi‘a Gon III, 2015, « The Aesthetics, Materials, and Construction of Hawaiian Featherwork ». In CALDEIRA, L., HELLMICH, C., KAEPPLER, A. L., KAM, B. L., et ROSE, G. R. (ed.), Royal Hawaiian Featherwork Nā Hullu Ali’i, San Francisco. Honolulu, University of Hawai’i Press, p.26. 

11 Adrienne L. Kaeppler, « Hawaiian Featherwork in the Age of Exploration ». In CALDEIRA, L., HELLMICH, C., KAEPPLER, A. L., KAM, B. L., et ROSE, G. R. (ed.), 2015. Royal Hawaiian Featherwork Nā Hullu Ali’i, San Francisco. Honolulu, University of Hawai’i Press, pp. 46-8.
Jocelyn Linnekin émet toutefois l’hypothèse que les femmes pouvaient éventuellement, elles aussi, réaliser les capes en plumes : LINNEKIN, Jocelyn, 1988. « Who made the feather cloaks? A problem in Hawaiian gender relations », The Journal of the Polynesian Society, vol.97, n°3, pp. 265-280.

12 Roger R. Rose, « The Kāhili Standards of Hawai’i ». In CALDEIRA, L., HELLMICH, C., KAEPPLER, A. L., KAM, B. L., et ROSE, G. R. (ed.), 2015. Royal Hawaiian Featherwork Nā Hullu Ali’i, San Francisco. Honolulu, University of Hawai’i Press, p. 60. 

13 « Although [they] provided practical benefits of personal cooling […], they served primarily to mark the presence and spiritually protect an important individual of ali’i or chiefly rank ». ROSE, Roger G.,  CONANT, S. et KJELLGREN, E. P., 1993. « Hawaiian standing kāhili in the Bishop Museum: An ethnological and biological analysis », The Journal of the Polynesian Society, vol.102, n°3, p. 274. 

14 Stacy L. Kamehiro, « Featherwork in the Hawaiian Monarchy Period ». In CALDEIRA, L., HELLMICH, C., KAEPPLER, A. L., KAM, B. L., et ROSE, G. R. (ed.), 2015. Royal Hawaiian Featherwork Nā Hullu Ali’i, San Francisco. Honolulu, University of Hawai’i Press, p. 86. 

15 « kāhili helped authenticate the evolving nation and added color and spectacle to the royal court ». Roger R. Rose, « The Kāhili Standards of Hawai’i ». In CALDEIRA, L., HELLMICH, C., KAEPPLER, A. L., KAM, B. L., et ROSE, G. R. (ed.), 2015. Royal Hawaiian Featherwork Nā Hullu Ali’i, San Francisco. Honolulu, University of Hawai’i Press, p. 64. 

16 Ibid, pp. 67-8. 

17 « Kāhili waving was highly structured and disciplined, emphasizing precision and synchronized movement, and it required concentration, coordination, stamina, and elements of choreography », Ibid, p. 72. 

Bibliographie :

  • BRIGHAMS, W. T., 1899-1918. Hawaiian feather work. Honolulu, Bishop Museum Press.
  • CALDEIRA, L., HELLMICH, C., KAEPPLER, A. L., KAM, B. L., et ROSE, G. R. (ed.), 2015. Royal Hawaiian Featherwork Nā Hullu Ali’i, San Francisco. Honolulu, University of Hawai’i Press.
  • HOOPER, Steven (dir.), 2006. Pacific Encounters, Art & Divinity in Polynesia, 1760-1890. Wellington, Te Papa press.
  • LINNEKIN, Jocelyn, 1988. « Who made the feather cloaks? A problem in Hawaiian gender relations », The Journal of the Polynesian Society, vol.97, n°3, pp. 265-280. 
  • ROSE, Roger G.,  CONANT, S. et KJELLGREN, E. P., 1993. « Hawaiian standing kāhili in the Bishop Museum: An ethnological and biological analysis », The Journal of the Polynesian Society, vol.102, n°3, pp. 273-304 .
  • TE RANGI HIROA (BUCK, P. H), 1957. Arts and Crafts of Hawaii. Honolulu, Bishop Museum Press.

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