Le Centre culturel Tjibaou : porte d’entrée sur la culture kanak

      Niché dans la vallée de Tina, au nord-est de Nouméa, le Centre culturel Jean-Marie Tjibaou (CCT pour les initiés) fête cette année ses vingt ans, en concomitance avec l’Accord de Nouméa qui a accompagné son ouverture. Inscrits dans les Accords de Matignon, signés le 26 juin 1988, qui permettent la création de l’Agence de Développement de la Culture Kanak (ADCK), le CCT est le fruit d’une longue demande de reconnaissance de la population kanak, de leur culture et leurs productions matérielles, dont le festival Melanesia 2000 en 1975 a formé le prélude. Profitant d’un séjour de recherche en Nouvelle-Calédonie, votre envoyée spéciale pour CASOAR vous fait (re)découvrir ce lieu devenu un emblème de la culture kanak.

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Vue du bâtiment, photographie de Marion Bertin © ADCK – CCT

L’ADCK – CCT : une création politique au service de la culture kanak

      Les Accords de Matignon, signés à la suite de ce que, par euphémisme, il est commun d’appeler les « événements»1, disposent que « pour permettre l’expression et l’épanouissement sous toutes ses formes de la personnalité mélanésienne, une caution soutenue sera mise en œuvre pour assurer l’accès de tous à l’information et à la culture. À cet effet, il sera créé un établissement public, dénommé “Agence de développement de la culture canaque”.2 Ainsi née l’ADCK, orthographié « Kanak » tel que le terme est employé par les membres de cette communauté mélanésienne, entièrement dédiée à la culture et aux patrimoines de ceux qui furent longtemps laissés en marge de la Nouvelle-Calédonie. Ses missions principales visent à « valoriser le patrimoine archéologique et linguistique kanak », « encourager les formes contemporaines d’expression de la culture kanak, en particulier dans les domaines artisanal, audiovisuel et artistique », « promouvoir les échanges culturels, notamment avec la région Pacifique Sud », « de définir et conduire des programmes recherches».3 Cette nouvelle Agence avait connu quelques prémices avec l’Office culturel scientifique et technique canaque, créé en 1982 avant d’être dissolu et remplacé par l’Office calédonien des cultures en 1986. Elle est en outre à mettre en lien avec le renouveau culturel et la revendication d’une plus grande reconnaissance, tant sociale ou politique, visible à travers toutes les îles du Pacifique, et dans lequel les festivalsont joué un grand rôle. En 1975 a lieu à Nouméa Mélanésia 2000, première manifestation de ce type à la longue postérité et au fort impact pour la Nouvelle-Calédonie comme pour ses voisins.4

    La création d’un centre culturel permettant la diffusion et le partage au plus grand nombre de l’ensemble des actions de l’ADCK intervient avec évidence. Celle-ci s’inscrit dans la politique des « Grands Travaux de la République » menée par François Mitterrand au cours de ses deux mandats présidentiels, dont c’est la dernière réalisation et la seule qui soit située en dehors de la métropole.5 À la suite d’un concours international d’architecture, l’Italien Renzo Piano, maître d’œuvre, entre autres, du Centre Pompidou – Musée national d’art moderne à Paris inauguré en 1977, est choisi comme architecte. Il prend pour conseiller l’ethnologue spécialiste de la Nouvelle-Calédonie Alban Bensa, chargé de réaliser un travail de médiation concernant le monde et la pensée kanak auprès de lui.6 L’emplacement choisi est situé sur la presqu’île de Tina, où c’était déjà en partie tenu le festival Mélanésia 2000. La filiation entre ce festival et le nouveau centre est donc revendiquée dès l’origine.

        Piano s’est inspiré des grandes cases, caractéristiques de l’architecture traditionnelle kanak, sans pastiche, et tout en employant une technologie et des matériaux innovants, mêlant bois d’iroko imputrescible et acier inoxydable. S’étant rendu en Nouvelle-Calédonie au cours de la phase de projet, Piano a pris conscience de l’importance du « faire » pour l’architecture kanak.7 Les dix cases qui composent le CCT donnent donc délibérément l’effet d’avoir été laissées inachevées, formant des demi-cases auxquelles manque la couverture de feuilles de palmier.8 Elles ont été nommées des « souvenirs de case »9 par les représentants coutumiers. L’environnement naturel a également une importance capitale ; le bâtiment s’y insère avec harmonie en laissant une place conséquente aux espaces extérieurs. Le jardin fait ainsi intimement partie des espaces de visite.

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photographie de Marion Bertin © ADCK – CCT

         Le nom de Jean-Marie Tjibaou (1936-1989), figure indépendantiste kanak assassiné à Ouvéa le 4 mai 1989 et grand combattant pour les droits et la reconnaissance de la population kanak, s’est imposé, en hommage à la longue action du signataire des Accords de Matignon. C’est le premier bâtiment public lié à la population kanak à recevoir le nom d’une personne. Cette attribution a nécessité une cérémonie coutumière, avant laquelle l’autorisation d’utiliser le nom de « Tjibaou » avait été demandée à l’ensemble des chefs coutumiers du pays. Une seconde cérémonie coutumière a également eu lieu afin d’obtenir l’accord des Vieux10 de tout le territoire pour construire le centre à cet endroit et de l’ancrer dans sa terre d’accueil. Ces deux cérémonies ont tenu une importance capitale afin de créer une cohésion des aires culturelles de Nouvelle-Calédonie autour du CCT et que celui-ci devienne un espace pour tous les Kanaks. Dans cette même visée, les cases portent toutes des noms issus des différentes aires linguistiques du territoire. Le centre a été inauguré le 4 mai 1998 ; le lendemain avait lieu la signature de l’Accord de Nouméa, remplaçant les Accords de Matignon arrivés à leur terme.

À l’intérieur et à l’extérieur du CCT : cheminement vers l’autre et soi-même

     La visite du CCT débute à l’extérieur, par une immersion dans le jardin où sont plantées des essences végétales endémiques ayant une importance symbolique et pratique dans le monde kanak. Y est également mis en scène le mythe fondateur de Téâ Kanaké, héros déjà promu lors de Mélanésia 2000, au sein du « chemin kanak ». Cinq étapes11 marquent cette visite dont l’aboutissement est le CCT, qui forme ainsi une nouvelle étape historique et culturelle. La visite du jardin offre en outre une clé de lecture rituelle pour le reste de la visite.12 De l’autre côté du bâtiment, une aire coutumière a été dégagée en bordure de laquelle trois cases représentent l’architecture traditionnelle des trois provinces de la Nouvelle-Calédonie : la province Sud, la province Nord, les îles. L’ancrage dans la coutume était et demeure fondamental pour la reconnaissance du CCT par les autorités coutumières, lui donnant pleinement sens.

Vues du “chemin kanak”, photographie de Marion Bertin © ADCK – CCT

     En effet, le CCT est « conçu comme la vitrine d’une culture kanak aux références ancrées dans la tradition mélanésienne tout en assimilant les apports de la modernité, une culture ancienne assumant sa contemporanéité. »13 Le mythe de Kanaké, le premier homme, fait référence aux origines de la culture kanak et sert de point d’entrée au CCT. La première case, Bwénaado, ce qui signifie « le rassemblement coutumier » en langue cèmuli, a longtemps été le lieu d’exposition d’objets issus de collections métropolitaines, européennes ou du musée territorial de Nouvelle-Calédonie, introduction aux productions matérielles dites traditionnelles kanak. Pourtant, il n’y a ici aucune rupture entre passé, présent et futur. La case Jinu, « l’esprit » en langue du nord, où sont exposées six œuvres monumentales commandées à des sculpteurs des diverses îles du Pacifique en est le manifeste. Originaires du Vanuatu, de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, de Nouvelle-Zélande, de Nouvelle-Calédonie, de Nouvelle-Irlande et de Papouasie occidentale, les artistes reprennent les codes des sculpteurs ancestraux pour les ancrer pleinement dans le présent. Les productions et savoirs du passé, loin d’être figés, sont remis en lumière au prisme de problématiques contemporaines. Trois autres espaces d’expositions temporaires, Bérétara, « admirer » en langue xârâcùù,Kavitara, « sculpture de seuil » en ajië, et Komwi, « exposer, montrer » en langue nemi, sont réservés aux œuvres d’artistes contemporains. Elles sont issues soit de résidences d’artistes dans les murs du centre qui dispose de deux ateliers, soit de la collection du Fonds d’art contemporain kanak et océanien (FACKO), seule collection publique au monde réunissant exclusivement de l’art contemporain du Pacifique. Dans ces trois lieux, l’art kanak est présenté en regard des productions et dynamiques artistiques régionales. Enfin, deux espaces de présentations permanentes mettent en lumière la figure de Jean-Marie Tjibaou14, et le projet architectural.15

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Exposition actuelle en salle Bérétara, photographie de Marion Bertin © ADCK – CCT

      Loin de se limiter exclusivement à la présentation d’expositions, le CCT offre une programmation foisonnante et plurielle. Comme il a déjà été souligné, y sont accueillis des artistes en résidence, qu’ils soient plasticiens ou comédiens. La salle de spectacle Sisia, « bouger, chanter » en langue faga uvea, permet de présenter des pièces de théâtre et de danse, concerts ou conférences qui jouent un grand rôle dans les activités du centre. De plus, trois cases abritent la médiathèque dont les missions de conservation sont multiples. Des archives sonores, résultat d’un chantier de collecte majeur au CCT, des photographies anciennes, des ouvrages et revues liés à l’histoire et l’anthropologie des sociétés du Pacifique, des DVD et cassettes vidéos… sont réunis et accessibles à la consultation des visiteurs. Le département de la médiathèque est chargé de l’organisation des conférences et se charge également de montrer des expositions, intitulées « Trésors de la médiathèque », dans l’allée connectant les différentes cases. Le jeune public tient une place particulière, dans une volonté de sensibilisation, de transmission et de diffusion des actions de l’ADCK auprès des jeunes. Des ateliers et résidences de classe sont ainsi organisés tout au long de l’année afin de présenter et permettre la découverte des cultures kanak et océaniennes. Pour l’ensemble des visiteurs, la visite passive n’est pas de rigueur : rencontres et discussions avec les équipes permettent une découverte plus grande de la culture kanak qu’il est impossible d’enfermer et limiter à la simple enceinte du CCT. La promotion du respect et du dialogue est au cœur des missions de l’ADCK et du CCT, dans la volonté de tisser des liens, qu’ils soient entre les personnes et communautés, les objets et leur histoire, le passé et le présent.

Vingt ans après ?

     Du haut de ses vingt ans, le CCT n’a pas pris une ride, contrairement à beaucoup d’autres grands projets architecto-muséaux réalisés par des « starchitectes ». L’entrée dans le jardin et le dévoilement progressif du bâtiment à mesure que l’on remonte l’allée bordée de pins colonnaires ne laissent pas indifférent.e et provoquent même quelques frissons.

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Nouvelle présentation de la case Bwénaado, réouverte en juillet 2018, photographie de Marion Bertin © ADCK – CCT

La programmation des expositions s’est aujourd’hui recentrée autour de la collection, à la fois pour des raisons budgétaires, mais également à la demande du public de voir davantage d’œuvres sortir des réserves. Ainsi, la case Bwénaado, ouvrant le parcours et abritant autrefois des dépôts d’« objets-ambassadeurs », présente depuis juillet 2018 l’ensemble de la collection d’appliques de case conservées par le CCT. Elles constituent un point d’entrée historique, marquant le renouveau de la sculpture en pays kanak grâce aux apports des objets conservés dans les musées du monde. À quelques mois du référendum d’auto-détermination, inscrit successivement dans les Accords de Matignon puis dans l’Accord de Nouméa, l’actualité politique est au cœur des manifestations du CCT. Outre la réouverture de la case Bwénaado, fermée depuis plus de deux ans, le mois de juillet a ainsi été marqué par la conférence de Benoît Trépied interrogeant la « décolonisation » en Nouvelle-Calédonie16 et les représentations de la pièce de Pierre Gope Moi… Je vote « blanc », mise en scène par Wenic Bearune.17 Une exposition a également ouvert ses portes en salle Komwi à la suite d’une résidence de six artistes au CCT, ce qui reste un des points forts du Département des Arts Plastiques et des Expositions (DAPEX) qui invite des artistes à produire et exposer leurs œuvres. Ko Névâ : « Qu’avons-nous en commun ? » prend pour point de départ le « destin commun » de l’Accord de Nouméa pour questionner le rassemblement d’artistes protéiformes aux origines multiples dans un même espace d’exposition. Si le Centre a pu être perçu parfois comme exclusivement centré autour des cultures kanak, il n’en est rien.

     Le CCT se veut donc un lieu de réflexion, ancré dans la politique locale, ses évènements et ses vicissitudes. Il est aujourd’hui un lieu de visite privilégié, voire incontournable pour toute personne se rendant à Nouméa. Mettant en lumière une part des cultures et des arts kanak et océaniens, il cherche à créer un dialogue, un questionnement, en interrogeant le monde présent. Preuve qu’ici, l’art est avant tout une parole.

         Je remercie l’ensemble des membres de l’ADCK – CCT pour leur accueil chaleureux et leurs réponses à mes questions, qu’elles soient intervenues de manière informelles ou non.

Marion Bertin

Image à la une : Vue du bâtiment, photographie de Marion Bertin © ADCK – CCT

L’article de Camille Graindorge publié plus tôt sur CASOAR revient sur cette période : GRAINDORGE, C., « Vers l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie ? », In CASOAR. [en ligne]. Disponible à l’URL : <https://casoar.org/2018/02/14/vers-lindependance-de-la-nouvelle-caledonie/>, dernière consultation le mardi 24 juillet 2018.

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE, Accords de Matignon-Oudinot, accords intervenus le 26 juin 1988 sur la Nouvelle-Calédonie. [en ligne]. Disponible à l’URL : <http://www.mncparis.fr/uploads/accords-de-matignon_1.pdf>, dernière consultation le samedi 7 juillet 2018.

Agence de Développement pour la Culture kanak – Centre culturel Tjibaou. [en ligne]. Disponible à l’URL : <http://www.adck.nc/accueil>, dernière consultation le vendredi 18 août 2017.

GRAILLE, C., 2016. « 1975-2015 : retour du Mélanésia 2000, symbole de la renaissance culturelle kanak », In Journal de la Société des Océanistes, 142-143, pp. 73-98.

FANDOS, O., 2001. Le Centre culturel Tjibaou : histoire du dernier des « Grands Travaux de la République » de François Mitterrand, symbole de l’identité culturelle kanak. Pau, mémoire d’histoire, Université de Pau et des pays de l’Andour.

BENSA, A., 2000. Ethnologie et architecture : le Centre culturel Tjibaou, Nouméa, Nouvelle-Calédonie. Paris, A. Biro.

PIANO, R., 1998. « Souvenirs de cases ouverts sur un rêve d’avenir », In Togna, Octave (dir.), Le Centre culturel Tjibaou. Nouméa, Agence de développement de la culture kanak, pp. 32-43.

Documentaire NC la 1ère.

Cette citation a été transmise par Emmanuel Tjibaou.

1En Nouvelle-Calédonie, le terme « Vieux » n’est aucune connotation péjorative mais est plutôt un gage de respect par la détention du droit à la parole.

11 Ces cinq étapes sont : la création, la terre nourricière, la terre ancestrale, le pays des esprits, la renaissance.

12 FANDOS, O., 2001. Le Centre culturel Tjibaou : histoire du dernier des « Grands Travaux de la République » de François Mitterrand, symbole de l’identité culturelle kanak. Pau, mémoire d’histoire, Université de Pau et des pays de l’Andour, p. 90.

13 FANDOS, O., 2001. Le Centre culturel Tjibaou : histoire du dernier des « Grands Travaux de la République » de François Mitterrand, symbole de l’identité culturelle kanak. Pau, mémoire d’histoire, Université de Pau et des pays de l’Andour, p. 94.

14 « L’Œuvre et la mémoire de Jean-Marie Tjibaou » en case Mâlep (« vivre » en langue nyelâyu).

15 « Une architecture de la rencontre » en case Umatë (« grenier à ignames » en drehu).

16 La conférence eut lieu le 12 juillet et a donné lieu à d’intéressants partages et échanges avec le salle. Elle sera prochainement mise en ligne par la chaîne Calédonia. ADCK [en ligne]. Disponible à l’URL : <http://www.adck.nc/mediatheque/rencontres-de-la-mediatheque/749-2018-06-19-02-30-45>, dernière consultation le dimanche 22 juillet 2018.

17 Au moment où CASOAR écrit ces lignes, la pièce n’a encore été jouée et reste donc empreinte de mystère et d’expectation. ADCK [en ligne]. Disponible à l’URL : <http://www.adck.nc/spectacles/programmation/744-moije-vote-qblancq>, dernière consultation le dimanche 22 juillet 2018.

Bibliographie :

  • Agence de Développement pour la Culture kanak – Centre culturel Tjibaou. [en ligne]. Disponible à l’URL :<http://www.adck.nc/accueil>, dernière consultation le dimanche 22 juillet 2018.

  • BENSA, A., 2000. Ethnologie et architecture : le Centre culturel Tjibaou, Nouméa, Nouvelle-Calédonie. Paris, A. Biro.

  • DAGNEAU, G., 2008. Renzo Piano, le chemin kanak. Montreuil, AAA Production.
  • FANDOS, O., 2001. Le Centre culturel Tjibaou : histoire du dernier des « Grands Travaux de la République » de François Mitterrand, symbole de l’identité culturelle kanak. Pau, mémoire d’histoire, Université de Pau et des pays de l’Andour.

  • GRAILLE, C., 2016. « 1975-2015 : retour du Mélanésia 2000, symbole de la renaissance culturelle kanak », In Journal de la Société des Océanistes, 142-143, pp. 73-98.

  • GRAINDORGE, C., « Vers l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie ? », In CASOAR. [en ligne]. Disponible à l’URL : <https://casoar.org/2018/02/14/vers-lindependance-de-la-nouvelle-caledonie/>, dernière consultation le mardi 24 juillet 2018.

  • RÉPUBLIQUE FRANÇAISE, Accords de Matignon-Oudinot, accords intervenus le 26 juin 1988 sur la Nouvelle-Calédonie. [en ligne]. Disponible à l’URL : <http://www.mncparis.fr/uploads/accords-de-matignon_1.pdf>, dernière consultation le samedi 7 juillet 2018.

  • TOGNA, O., (dir.), 1998. Le Centre culturel Tjibaou. Nouméa, Agence de développement de la culture kanak.

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