Vers l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie ?

Première partie – Avant le référendum

Cet article est le premier que nous consacrons au référendum de Nouvelle-Calédonie, qui aura lieu d’ici novembre 2018. Nous traitons ici de l’histoire de l’île, de la colonisation, et des enjeux du référendum. Cet article sera suivi d’une seconde partie, publiée après les résultats de la consultation.

     Nouvelle-Calédonie, Kanaky : les termes mêmes à employer pour désigner cette terre de quelques 18 575,5 km² au sud de la Mélanésie sont sujets à débat. Aussi surnommée le Caillou en référence à sa richesse géologique, l’île, aux antipodes de la France métropolitaine, n’en vit pas moins avec elle une histoire tourmentée, dont le prochain chapitre s’écrira au mois de novembre 2018.

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© CASOAR

    Le nom de l’île est loin d’être anodin : s’y dessine en creux l’histoire de relations complexes avec l’Europe. Son appellation officielle  lui  est  donnée  par  James  Cook,  qui « découvre » l’île lors de son second voyage, un jour de septembre 1774. Par ses paysages, elle lui rappelle les Highlands écossais ; c’est ainsi qu’il la nomme Nouvelle-Calédonie, du nom antique de l’Écosse.

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Gravure par William Byrne d’après une illustration de William Hodges,
compagnon de voyage de Cook, 1777.

     Mais nouvelle, elle ne l’est que pour les Européens… Ces terres sont habitées depuis près de 3500 ans par des populations austronésiennes qui développent une civilisation à part au sein de la Mélanésie. À l’arrivée des Européens, on répertorie 36 langues sur l’île, pour la plupart dérivées du proto-calédonien. La population vit grâce à une horticulture de haute compétence, basée principalement sur les cultures de taro et d’igname, et s’organise autour de la figure d’un chef.

    Cette culture n’échappera pas à la mainmise européenne sur le Pacifique : moins de cent ans après la visite de Cook, ceux que l’on appelle aujourd’hui les Kanak1 voient arriver sur leurs terres les premiers missionnaires protestants dès 1840, suivis très vite par les catholiques en 1843. La prise de « possession » de la Grande Terre par la France a lieu dix ans après, en 1853. Devant les missionnaires et 150 Kanak baptisés, l’amiral Febvrier-Despointes déclare l’île « française et propriété nationale ». Dès lors, les terres sont attribuées aux colons, les chefs kanak forcés de reconnaître la souveraineté de l’Empereur et les langues locales interdites à l’école. Les îles Loyauté, qui échappent pendant plus de dix ans au pouvoir français, sont colonisées à partir de 1864. Le destin de  cette  nouvelle  « possession » française est étroitement lié à l’actualité de la métropole ; celle-ci, secouée par la Commune de Paris, cherche à créer une colonie pénitentiaire, rôle que la Nouvelle-Calédonie endosse dès 1864. Communards mais aussi révoltés kabyles sont envoyés dans cette « terre de déportation ». On compte d’ailleurs parmi ces déportés un nom fameux, qui laissera sa trace dans l’histoire de l’île : Louise Michel. Celle-ci s’engage auprès des Mélanésiens dans l’une des plus grandes insurrections kanak, celle de 1878, aux côtés d’Ataï – la légende dit même qu’elle lui aurait laissé son écharpe…

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Campement de déportés, île des Pins, Allan Hughan, 1872.

     Si la révolte de 1878 est sans doute la plus fameuse, elle est loin d’être la seule. Les tensions sont nombreuses entre Kanak et colons, et la France réprime dans le sang toute tentative de soulèvement, allant jusqu’au massacre des populations. La Nouvelle-Calédonie subit le même sort que de nombreux autres territoires colonisés par les Européens, et voit la démographie de sa population autochtone chuter drastiquement, passant de quelques 70 000 Kanak avant la « possession » française, à 27 100 en 1921. Les épidémies et les famines (occasionnées par l’appropriation des terres) s’ajoutant aux répressions, la population kanak devra attendre les années 1960 pour se stabiliser et se renouveler.

     Si l’autorité française et son mépris – le mot est faible – pour les Kanak ne faiblissent pas jusqu’à la Première Guerre Mondiale, la fin de celle-ci amorce une ébauche de changement pour les colonies françaises. En Nouvelle-Calédonie, des Kanak ayant combattu sous le drapeau français sont reconnus citoyens. L’administration coloniale tente en Nouvelle-Calédonie comme ailleurs une « nouvelle politique indigène » en faveur de meilleures conditions de vie pour les populations locales. Mais cette tentative n’a pas le succès escompté et se heurte aux rejets des colons… Il faudra attendre la fin de la Seconde Guerre Mondiale pour une véritable reconsidération du statut des populations colonisées. Comme dans d’autres îles du Pacifique, la présence américaine sur l’île et sa façon toute différente de traiter les populations locales aboutit à une remise en cause du pouvoir colonial européen. Les Kanak sont pour la première fois embauchés et rémunérés, au même salaires que les soldats américains. Mais le modèle U.S n’est pas le seul vecteur de remise en cause de la puissance française : le parti communiste déjà présent avant la guerre intensifie ses actions et rencontre un grand succès auprès des Kanak en proposant un nouvel idéal et une contestation du pouvoir en place. Enfin, le discours de Brazzaville du général De Gaulle met fin au code de l’indigénat, et aboutit en 1946 à la loi Lamine Guèye, qui donne à tous les ressortissants des territoires d’outre-mer le statut de citoyen français ; il faut néanmoins attendre 1951 pour que le suffrage universel leur soit accordé, avec la possibilité d’élire un député.

    Cette libération politique voit la naissance d’un nouveau parti, à l’origine de nombreux acquis sociaux : l’Union Calédonienne qui réunit, selon sa devise, « deux couleurs, un seul peuple ». De grandes avancées sont obtenues par ce parti ; neuf Kanak obtiennent ainsi des sièges à l’Assemblée de l’Union Française. En parallèle de ce parti institutionnel se développent dans la fin des années 1960 des mouvements plus jeunes, plus revendicatifs, plus radicaux, qui dirigent les mobilisations de rue et les actions anti-colonialistes. Citons à titre d’exemple les « Foulards Rouges » et le « groupe 1878 », dont la fusion donnera ensuite le Parti de Libération Kanak (Palika).

    Mais, à l’heure des essais nucléaires dans le Pacifique, à l’aube des années 1960, les intérêts de la France dans ses antipodes ne se laissent pas menacer si facilement. La conquête spatiale entraînant un boom du nickel, on assiste à une véritable ruée vers l’or vert de Nouvelle-Calédonie, 4ème réserve mondiale. L’île devenant dès lors l’objet de nombreuses convoitises, la métropole choisit de renforcer son contrôle sur les mines dès 1969 et entend étouffer dans l’œuf toute tentative de contestation. L’Union Calédonienne, qui s’affirme à ce moment-là comme une véritable puissance politique, se voit opposer par le gouvernement de Pierre Messmer une politique de peuplement offensive. Cette volonté d’inonder l’île de français métropolitains est explicite dans la lettre qu’il écrit en 19722 à son secrétaire d’État aux DOM-TOM  : « à long terme, la revendication nationaliste autochtone ne sera évitée que si les communautés non originaires du Pacifique représentent une masse démographique majoritaire. » On ne peut faire plus clair dans la volonté de bâillonner un peuple. Le but sera atteint quelques années plus tard : en 1983, la population kanak est en minorité et ne représente plus que 43 % de la population totale de l’île.

Map of the pacific

© CASOAR

     En dépit de ces tactiques d’État pour étouffer la revendication, la société kanak avance envers et contre tout dans les années 1970, une décennie qui voit la renaissance de la culture autochtone et l’émergence des futurs grands leaders des mouvements indépendantistes. Ces années sont une période charnière pour le continent océanien, marquées par une vague d’accès à l’indépendance politique. Qu’il s’agisse de Tonga ou de Fidji, qui acquièrent leur souveraineté dès 1970, de la Papoua­sie Nouvelle-Guinée en 1975, ou bien du plus tardif Vanuatu en 1980, nombreux sont les peuples à avoir trouvé la voie de l’émancipation dans la décennie. Après les années passées sous le joug d’un État extérieur, le défi pour ces jeunes nations est de parvenir à se construire à partir d’une identité longtemps modelée par des cultures étrangères, de trouver une légitimité et de parvenir à rassembler un peuple derrière un nouveau pouvoir. La culture devient dès lors le mur porteur de ces maisons-États en construction, ce qui explique la floraison de nouveaux évènements culturels, tels que le Festival des Arts du Pacifique (1972) ou encore les commémorations de l’indépendance, qui créent une véritable mythologie nationale, cruciale pour ces jeunes États.

    La Nouvelle-Calédonie, bien que loin d’accéder à l’indépendance à ce moment-là, n’est pas en reste dans cette volonté de renouveau culturel. Suivant les exemples alentours, Jean-Marie Tjibaou devint en 1975 l’organisateur du festival Melanesia 2000, un festival qui a pour but, selon ses termes, de « permettre au Canaque de se projeter face à lui-même pour qu’il redécouvre et redéfinisse son identité d’aujourd’hui, […] [de] l’aider à reprendre confiance en lui-même, à retrouver plus de dignité et de fierté par rapport à un patrimoine culturel reconnu aujourd’hui comme une pierre vivante de la culture de l’humanité. »

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© Union Calédonienne.

    Le festival, un immense succès populaire, fera date sur l’île. Bien que n’ayant jamais fait l’unanimité, la voie ouverte par J-M Tjibaou, celle d’une revendication non-violente et jamais exclusivement tournée vers un passé irrattrapable, restera celle ayant permis aux Kanak, à travers le festival Melanesia 2000, de « Maxha Hienghen » – pour reprendre le nom de la liste sur laquelle Tjibaou fut élu maire en 1977 – c’est à dire, de «Relever la Tête».

   La décennie suivante sera décisive. Si les mouvements politiques de l’île étaient jusqu’alors restés relativement discrets pour le grand public hors de la Nouvelle-Calédonie, dans les années 1980 les revendications atteignent une ampleur et une médiatisation sans précédent. L’élection d’un gouvernement à majorité socialiste en 1981 donne l’espoir d’un certain changement, les auspices semblent d’autant plus favorables qu’en 1983 on annonce « le droit inné et actif du Peuple Kanak à l’Indépendance »3. Les mots ne restent cependant que des mots et ne seront suivis d’aucune réforme concrète.

    Ce n’est en revanche pas le cas des inégalités qui prennent, elles, une forme très concrète dans de nombreux domaines de la vie des Kanak. Ainsi, en 1983, on note :
– concernant la terre (l’élément essentiel de la société kanak) : on estime que 200 00 ha sont attribués aux Kanak contre 458 000 ha aux Européens4
– concernant l’accès à l’emploi : les Kanak représentent 36 % des actifs de l’île, mais 50 % des chômeurs, et parmi les actifs on retrouve 80 % d’ouvriers et 20 % des employés de maison5
– concernant la santé : 1 médecin pour 354 habitants et 897 lits d’hôpital à Nouméa, majoritairement habitée par une population non kanak. Dans l’intérieur et les îles, peuplés en majorité par les Kanak, le chiffre tombe à 1 médecin pour 2435 habitants et 46 lits d’hôpital6.
– concernant l’éducation : sur 100 élèves reçus au BAC, 9 Kanaks

    Dans ce contexte, on ne s’étonne pas du succès du Front de Libération National Kanak et Socialiste, qui rassemble différents partis politiques dès 1984. La même année, ce parti organise le boycott des élections territoriales.

    La suite de l’histoire, comme l’île, ne porte pas qu’un nom. Et les mots, ici encore, ne sont pas neutres. De 1984 à 1988 s’étend une période que l’on nomme généralement sous le pudique terme « d’évènements ». Chez d’autres, plus proches des partisans de l’indépendance, on parle de « guerre civile ». Toujours est-il que les quatre années qui suivent alors sur l’île sont bien loin des idéaux optimistes et des négociations sereines espérées auparavant.

     Le boycott est suivi d’actions sur le territoire, menées notamment par un des leaders de la partie la plus radicale du FLNKS, Eloi Machoro : barrages routiers, séquestration, incendies de mairies… Et premières victimes lors de fusillades. De son côté, Tjibaou opte pour une autre stratégie et organise le Gouvernement Provisoire de Kanaky. Les leaders des deux côtés, indépendantistes comme loyalistes, appellent très vite à un retour à la paix, mais les victimes, kanak et caldoches, sont de plus en plus nombreuses. Les violences redoublent d’intensité et l’état d’urgence est décrété en 1985. Aucune solution ne semble pouvoir être envisagée : le statut Fabius-Pisani qui prévoit plus d’autonomie pour la Nouvelle-Calédonie calme les tensions mais très vite, avec les législatives de 1986 et le retour de la droite au pouvoir, il est remis en cause et remplacé par le  « statut Pons I », qui se veut résolument anti-indépendantiste. Ce nouveau statut prévoit la tenue d’un référendum d’auto-détermination, mais les conditions pour y voter (être résident depuis au moins trois ans sur l’île), ne satisfont pas le FLNKS, qui estime qu’ayant été mis volontairement en minorité sur leur territoire (voir la lettre de Messmer), le vote ne devrait être réservé qu’aux Kanak.

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Le drapeau de Kanaky, dressé pour la première fois en 1984 pour le GPK,
est aujourd’hui encore le drapeau des indépendantistes kanak.

     À partir de 1987, la présence militaire sur l’île devient de plus en plus importante : de 3000 hommes avant 1984, elle passe à plus de 6000 en 1987, particulièrement concentrée dans les zones kanaks. Le référendum voulu par le « statut Pons I » est boycotté par les indépendantistes, comme attendu. Le « statut Pons II » se met alors en place, qui prévoie un découpage différent des régions et une présence du pouvoir coutumier, mais les tensions restent toujours aussi vives. Le RPCR, parti loyaliste, demande la dissolution du FLNKS, jugeant que la réponse au référendum d’auto-détermination, bien que boycotté par les indépendantistes, est suffisante pour prouver que la Nouvelle-Calédonie souhaite rester dans le giron de l’État français. Peu de temps après, en 1988, les violences atteignent leur apogée sur l’île d’Ouvéa : les indépendantistes attaquent une gendarmerie et gardent les gendarmes en otage. Cette attaque a lieu pendant l’entre deux-tours des élections présidentielles, le bilan humain sera lourd, avec vingt cinq morts, et l’opinion publique extrêmement choquée.

     Ces tragiques évènements appellent le nouveau gouvernement, à peine élu, à chercher urgemment une solution pacifique afin de ramener la paix civile en Nouvelle-Calédonie. Le FLNKS et le RPCR se rapprochent et signent, le 26 juin 1988, les accords de Matignon-Oudinot, qui désignent un statut transitoire pour la Nouvelle-Calédonie et prévoient des garanties de développement pour la communauté kanak sur dix années, à la fin desquelles un référendum d’auto-détermination doit avoir lieu. Ces accords historiques, qui ramènent la paix sur une île étouffée par les violences des quatres précédentes années, ne se font pas sans une dernière blessure infligée au coeur de l’île : Jean-Marie Tjibaou et son bras droit Yeiwene Yeiwene sont assassinés, le 4 mai 1989, lors de la cérémonie de levée de deuil des 19 militants tués un an plus tôt à Ouvéa.

     À la fin de ces dix ans donnés au développement de l’île, en 1998, c’est finalement un autre accord qui est signé, celui de Nouméa. Cet accord qui prévoit le transfert de toutes les compétences de l’État vers la Nouvelle-Calédonie, à l’exception des compétences régaliennes (justice, monnaie, sécurité intérieure et extérieure…), est également celui qui prévoit la tenue du prochain référendum, au mois de novembre 2018.

    Si l’absence de leaders charismatiques se fait cruellement ressentir lors de la signature de ces nouveaux accords, l’île n’en oublie pas pour autant de poursuivre leur chemin. Le jour même de la signature des accords de Nouméa est ainsi inauguré le grand centre culturel kanak promis par les accords de Matignon-Oudinot. Réalisé par l’architecte Renzo Piano, le centre culturel porte le nom de Jean-Marie Tjibaou… Preuve que l’ombre des grands hommes n’est jamais effacée au soleil calédonien.

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Le centre culturel Tjibaou, en périphérie de Nouméa, conçu par Renzo Piano.

    Si tous ces évènements ont laissé un souvenir marquant dans les esprits des années 1980, il est fort probable qu’aujourd’hui la Nouvelle-Calédonie n’inspire plus qu’une image de vacances et de plages de sable blanc aux jeunes générations métropolitaines. Les violences ont fort heureusement pour la plupart disparues de l’île, mais la situation est pour autant loin d’être idyllique.

    Un rapport de 20137 qui constate de nombreuses améliorations dans l’accès à l’éducation et à l’emploi des Kanak n’en note pas moins une persistance des inégalités sur l’île. Ainsi en 2009, si 66 % des non-Kanak âgés de 15 à 64 ans ont un emploi, cela ne concerne que 44 % des Kanak de la même tranche d’âge, dont les revenus restent également largement inférieurs à ceux des autres populations de l’île (européens, polynésiens…). Les îles Loyauté et la province Nord, qui concentrent une population majoritairement kanak, restent les plus pauvres de Nouvelle-Calédonie, avec un revenu médian jusqu’à deux fois inférieur à celui de la province Sud. Rappelons également qu’en 2012, 93 % des détenus dans les prisons de l’île sont Kanak. Les évolutions des vingt dernières années, bien que favorables aux Kanak, sont donc loin de panser toutes les plaies de l’île.

     À ces inégalités s’ajoutent de nombreuses discriminations que vient attester un testing de 2015 de la Ligue des Droits de l’Homme de Nouvelle-Calédonie8. Trouver un logement, un emploi, peut se révéler un parcours du combattant pour un Kanak ; un climat tendu, suspicieux envers les autochtones est également rapporté dans le rapport de la LDH.

    Ces injustices crispent les communautés et tendent le débat à l’heure des derniers préparatifs du référendum. Les fraudes sur les listes électorales sont craintes et éveillent des inquiétudes côtés loyalistes comme indépendantistes : les premiers craignent un autre boycott du vote, les seconds une représentation kanak insuffisante. La situation est d’autant plus complexe que la constitution française frôle le torticolis en s’adaptant à la situation locale… Les listes d’électeurs de l’île, séparées en trois, comprennent une liste générale, une liste spéciale provinciale, et la liste du référendum prochain9. Les conditions pour figurer sur les deux dernières listes n’ont de cesse de faire débat, allant jusqu’à un rappel à l’ordre de l’ONU, (qui place l’île sur la liste des territoires à décoloniser) et insiste sur la nécessité de posséder des listes électorales crédibles et transparentes10. À quelques mois d’une possible indépendance, de nombreuses interrogations subsistent ; même la question posée lors du vote n’est pas encore rédigée.

   Jusqu’en novembre, l’île, qu’elle se nomme Nouvelle-Calédonie ou Kanaky, retient encore son souffle.

Camille Graindorge

Image à la une : 34e congrès du FLNKS, 2016, © http://dirgnito.over-blog.com

1 Le terme, qui proviendrait de l’hawaïen kanaka, et signifiant « homme », est d’abord écrit «canaque » par les Européens et prend une connotation péjorative, avant que les populations autochtones ne se le réapproprient et modifient l’orthographe, pour devenir celle que nous employons aujourd’hui.

2 La lettre ne sera révélée qu’en 1984, dans un bulletin de l’Union Calédonienne.

En conclusion à la Table Ronde de Nainville-les-Roches.

Rapport de janvier 1983 par une équipe du CNASEA sur demande du secrétaire d’état aux DOM-TOM.

BOULAY R., FAURIE C., GODIN P., LEBLIC I., BENSA A., IPERE C., 1988, KANAK, un peuple, une culture, une lutte, Media Graphic, Rennes.

Chiffres de l’INSEE, 1986.

RIS, C., 2013.  “Les Inégalités ethniques dans l’accès à l’emploi en Nouvelle-Calédonie.” In Economie et Statistiques, n°464-465-466, p. 59-72.

8 “En Nouvelle-Calédonie, une violence implicite”, Commission LDH Nouvelle-Calédonie “Racisme genre & discriminations”, Hommes et liberté n°172, décembre 2015.

Voir dépliant de la Commission Politique Citoyenneté FLNKS et Nationalistes, https://static.mediapart.fr/files/2016/12/28/de-pliant-v3-1.pdf

10 Communiqué du 22 juin 2017.

Bibliographie :

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