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Réclamer la terre : le Palais de Tokyo à l’heure du climat ?

« Réclamer la terre est une prise de conscience autant qu’un cri de ralliement. »1 Dès la première phrase de son texte introductif et de sa présentation en ligne sur le site internet du Palais de Tokyo, l’exposition Réclamer la terre, visible du 15 avril au 4 septembre 2022, affichait une ambition prometteuse. Daria de Beauvais, commissaire d’exposition au Palais de Tokyo, s’est associée à deux conseiller·e·s· scientifiques de taille pour l’organiser. La première est Ariel Salleh, chercheuse et activiste écoféministe née en Australie en 1944, dont le travail et les engagements portent sur les relations entre humains et non-humains, en s’intéressant notamment à d’autres perspectives de pensées que les paradigmes euro-nord-américains dominants. Le·a second·e est Léuli Eshrāghi, artiste, commissaire d’exposition, auteur·e, poète né·e à Samoa et d’ascendances sāmoane, perse et cantonaise. Dans son travail expographique et artistique, Léuli Eshrāghi interroge les conséquences coloniales et le besoin de réparation, de soin et de guérison des cultures autochtones discréditées par les anciennes puissances coloniales. Le titre de l’exposition est quant à lui inspiré par l’ouvrage Reclaim the Earth: Women Speak Out for Life on Earth, édité par Leonie Caldecott et Stephanie Leland en 1983.2 Voir plus

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John Bevan Ford : donner à voir un univers maori

Une harmonie de traits colorés, des entrelacs de lignes qui forment des paysages montagneux, esquissent des silhouettes stylisées, dessinent des pirogues voguant sur la mer, composent de grandes capes qui se déploient dans le ciel. Les œuvres peintes de l’artiste maori John Bevan Ford se reconnaissent au premier coup d’œil. Quiétude et harmonie y règnent et les nombreux symboles qui les composent attisent la curiosité. Dans cet article, CASOAR vous propose quelques clés de lecture pour les découvrir. Voir plus

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He Tautoko : créer une relation avec un objet ancien, par Lisa Reihana

Depuis les années 1980, les musées européens conservant des objets océaniens dans leurs collections ont entrepris de nombreux projets pour réviser les modalités d’exposition et de gestion de ces objets. Inviter des artistes contemporains océanienn·e·s en résidence pour proposer une nouvelle lecture des collections anciennes fait partie des modalités développées. Ces initiatives sont aussi un moyen de donner plus de visibilité à ces artistes, encore largement méconnu·e·s et peu exposé·e·s dans les institutions en Europe. Un projet majeur à ce sujet est Pasifika Styles, organisé au musée d’archéologie et d’anthropologie de Cambridge (au Royaume-Uni) entre mai 2006 et février 2008. Lisa Reihana, une artiste membre et fondatrice du collectif Pacific Sisters dont nous avions déjà parlé dans des précédents articles à propos des Pacific Sisters et de son œuvre In Pursuit of Venus [infected], y réalise pour l’occasion l’œuvre He tautoko, sur laquelle CASOAR s’attarde aujourd’hui.

Lisa Reihana, He Tautoko, 2006, Cambridge University Museum of Archeology and Anthropology.
© Lisa Reihana, photographie de Clémentine Débrosse

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Les Bilum de Nouvelle-Guinée : sacs en ficelle et énergie créatrice féminine

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Un sac de courses. Un sac à main. Un cartable. Une pochette de téléphone portable. Un accessoire à la mode. Un berceau à bébé. Un cadeau de valeur. Un souvenir de voyage. Un marqueur identitaire. Un support de propagande électorale. Un accessoire de danse.
En Nouvelle-Guinée, un même type d’objet peut assurer toutes ces fonctions : le bilum.

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L’intimité d’un lien entre le muséum du Havre et les communautés Aborigènes d’Australie

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Australie/Le Havre – L’intimité d’un lien exposée actuellement et jusqu’au 7 novembre 2021, au Muséum d’histoire naturelle du Havre, revient sur une expédition scientifique incontournable dans l’histoire de la découverte occidentale du Pacifique. À l’aube du XIXème siècle, ce voyage mène 200 hommes, embarqués sur deux navires – le Géographe et le Naturaliste – sous l’autorité du commandant Nicolas Baudin, jusqu’en Nouvelle-Hollande (actuelle Australie). Parmi eux, deux dessinateurs : Charles-Alexandre Lesueur et Nicolas-Martin Petit, dont l’Œuvre est aujourd’hui conservée au Muséum du Havre. C’est ainsi que l’institution endosse aujourd’hui la responsabilité de transmettre et partager ce témoignage unique et ancien de la biodiversité australienne et des cultures aborigènes. Ce lien, qui relie la ville portuaire à l’Australie est bien celui mis en avant à l’occasion de cette exposition, dans une double perspective historique et contemporaine. Voir plus

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Femmes du Pacifique : Emily Kame Kngwarreye

The Casoar team respectfully advises Aboriginal and Torres Strait Islanders people that this article includes images, works and names of deceased Indigenous people and may include images of artistic, cultural or intellectual property that may be of sensitive nature.

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Emily Kame Kngwarreye est sans doute l’une des artistes aborigènes les plus connues au monde. Son tableau Earth’s Creation a d’ailleurs détenu un temps le record de l’œuvre réalisée par un.e artiste aborigène la plus chère au monde. Mais saviez-vous que sa carrière de peintre fut aussi courte que fulgurante ? Et que son œuvre artistique ne commence pas avec la peinture mais avec le textile ? Aujourd’hui, Casoar vous emmène à la découverte de l’histoire de l’une des plus grandes artistes de la fin du XXème siècle.
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Le voyage autour du monde de George Nuku fait escale à Rochefort

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Je suis venu en France avec l’intention de poursuivre l’histoire.
D’une certaine manière, je sors littéralement des lithographies.
Je sors de l’image et je répète l’histoire ici à Rochefort.
Cependant, la différence est que maintenant le contexte a changé parce que tout cela fait partie de l’Histoire. Donc c’est au musée que le contexte se poursuit.1

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Exotic ?

« Exotisme, qu’est-ce que ce mot peut bien signifier pour une conscience, un intellect, un esprit, une âme à notre époque, c’est à dire en 2020 dans une région du monde totalement confinée par la présence d’un agent étranger du nom de Covid 19, ce qui pourrait être présenté comme un agent exotique,  quelque chose qui vient d’ailleurs, qui ne nous ressemble pas, mais malheureusement cet agent exotique semble bien décidé à nous faire entendre autre chose, une nouvelle version de l’exotisme, sur nos rapports humains et voire même sur ce que l’Occident et l’Europe en particulier ont toujours eu comme rapport avec ces autres pays qu’ils qualifiaient avec leur complexe de supériorité. »

Denis Pourawa, Extrait de « Poésie sonore des gouffres », Paris, mai 2020.

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Bouleversements environnementaux et changement climatique dans les arts contemporains océaniens

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       Dans l’article de la semaine dernière, CASOAR vous a présenté l’exposition de photographie contemporaine À toi appartient le regard (…) et la liaison infinie entre les choses (musée du quai Branly – Jacques Chirac). Mention fut faite de plusieurs artistes évoquant la question des changements environnementaux, liés à la pollution et au réchauffement climatique. Arrêtons nous aujourd’hui sur quelques œuvres d’art contemporain océanien évoquant elles aussi ces thématiques. Voir plus