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Réclamer la terre : le Palais de Tokyo à l’heure du climat ?

« Réclamer la terre est une prise de conscience autant qu’un cri de ralliement. »1 Dès la première phrase de son texte introductif et de sa présentation en ligne sur le site internet du Palais de Tokyo, l’exposition Réclamer la terre, visible du 15 avril au 4 septembre 2022, affichait une ambition prometteuse. Daria de Beauvais, commissaire d’exposition au Palais de Tokyo, s’est associée à deux conseiller·e·s· scientifiques de taille pour l’organiser. La première est Ariel Salleh, chercheuse et activiste écoféministe née en Australie en 1944, dont le travail et les engagements portent sur les relations entre humains et non-humains, en s’intéressant notamment à d’autres perspectives de pensées que les paradigmes euro-nord-américains dominants. Le·a second·e est Léuli Eshrāghi, artiste, commissaire d’exposition, auteur·e, poète né·e à Samoa et d’ascendances sāmoane, perse et cantonaise. Dans son travail expographique et artistique, Léuli Eshrāghi interroge les conséquences coloniales et le besoin de réparation, de soin et de guérison des cultures autochtones discréditées par les anciennes puissances coloniales. Le titre de l’exposition est quant à lui inspiré par l’ouvrage Reclaim the Earth: Women Speak Out for Life on Earth, édité par Leonie Caldecott et Stephanie Leland en 1983.2 Voir plus

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Les arts extra-européens au cœur du Forez, le musée des Civilisations de Saint-Just-Saint-Rambert

Si lors de vos vacances ou pérégrinations dans la campagne ligérienne vous passez non loin de la ville de Saint-Just-Saint-Rambert, dans le Forez (non loin de Saint-Etienne), n’hésitez pas à faire une pause au musée des Civilisations – Daniel Pouget. Ce musée municipal, ouvert au public en 1965 et aujourd’hui Musée de France, se situe dans l’ancien prieuré de cette ville, au pied de l’église romane. Créé par l’association des Amis du Vieux Saint-Rambert, il s’attache à faire découvrir les civilisations locales (celles du Forez), mais également les civilisations extra-européennes. Comment un musée situé loin des côtes et des ports, a-t-il pu rassembler plus de 10 000 objets d’art extra-européen, venus de tous les continents ? Comme pour beaucoup de musées d’art extra-européen à l’intérieur des terres, grâce à des figures locales passionnées, collecteurs, collectionneurs, voyageurs…

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Breath of life (la vie n’est qu’un souffle) à la fondation Opale

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Il est difficile de passer par hasard à la Fondation Opale ! Juchée à 1100 mètres d’altitude dans un village des Alpes suisses, il faut d’abord en passer par quelques virages en épingle pour finalement arriver à destination : la commune valaisanne de Lens. Avant même d’entrer dans le Centre d’art, le visiteur peut en apprécier le cadre naturel; la vallée du Rhône en contrebas, des sommets enneigés à l’horizon et leurs reflets dans lac de Louché, qui borde la Fondation. 

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Le Humboldt Forum est-il vraiment si catastrophique ?

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Vendredi 26 novembre 2021. Je suis à Berlin (Allemagne) pour un voyage de recherche lié à mon projet de thèse et le premier endroit que je vais visiter est le Humboldt Forum : le musée nouvellement construit et ouvert au centre de Berlin, sur l’île des musées. Depuis des mois, je suivais l’affaire de la réouverture du Humboldt Forum qui avait pour sûr fait du bruit dans le monde des musées et qui a été, depuis le projet de sa création, un projet très controversé. Voir plus

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Maro ‘Ura. Un trésor polynésien : la mystérieuse trajectoire d’un objet sacré

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Vous les avez peut-être vues, ces intrigantes affiches dans les rues de Paris : du bleu, du jaune, un objet non identifié qui occupe l’espace, et ce mot tout autant inconnu pour la majorité d’entre nous : « Maro ’Ura ». Tout au plus, le sous-titre nous aide à y voir plus clair : “un trésor polynésien”. Nouvelle surprise : comment cet objet, qui semble si vieux, si abîmé, et dont on a du mal à distinguer l’utilité, peut-il être un “trésor” ? Voir plus

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L’intimité d’un lien entre le muséum du Havre et les communautés Aborigènes d’Australie

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Australie/Le Havre – L’intimité d’un lien exposée actuellement et jusqu’au 7 novembre 2021, au Muséum d’histoire naturelle du Havre, revient sur une expédition scientifique incontournable dans l’histoire de la découverte occidentale du Pacifique. À l’aube du XIXème siècle, ce voyage mène 200 hommes, embarqués sur deux navires – le Géographe et le Naturaliste – sous l’autorité du commandant Nicolas Baudin, jusqu’en Nouvelle-Hollande (actuelle Australie). Parmi eux, deux dessinateurs : Charles-Alexandre Lesueur et Nicolas-Martin Petit, dont l’Œuvre est aujourd’hui conservée au Muséum du Havre. C’est ainsi que l’institution endosse aujourd’hui la responsabilité de transmettre et partager ce témoignage unique et ancien de la biodiversité australienne et des cultures aborigènes. Ce lien, qui relie la ville portuaire à l’Australie est bien celui mis en avant à l’occasion de cette exposition, dans une double perspective historique et contemporaine. Voir plus

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Gapu Guḻarri Yothu Yindi au musée du quai Branly-Jacques Chirac : collaboration en Terre d’Arnhem

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[Please note: Aboriginal and Torres Strait Islander people should be aware that this article may contain images or names of deceased persons in photographs or printed material.]

En ce moment, et pour tout l’été, la mezzanine Martine Aublet du musée du quai Branly – Jacques Chirac [MQB-JC] accueille l’exposition Gapu Guḻarri Yothu Yindi, Paysages de l’eau au nord de l’Australie. Ce petit espace, souvent dédié à des sujets d’actualité de la recherche ou ciblant une thématique très précise, héberge ici une exposition entièrement basée sur la collaboration et désireuse de laisser les voix aborigènes expliquer aux visiteur·euse·s les œuvres présentées. Voir plus