0 Commentaire

Évoquer et invoquer le surnaturel – les objets de la chasse aux têtes et de la pêche à la bonite (Partie 3)

       Contrastés, brillants, éblouissants, faisant référence à des entités surnaturelles tout en s’inspirant des formes de la nature et des propriétés du vivant, capables de convoquer les morts, capables tour à tour de plaire aux hommes ou de les inquiéter, les objets de la chasse aux têtes et de la pêche à la bonite totalisent à eux seuls un nombre vertigineux de notions. Ils se trouvent au croisement de composantes majeures des champs du social : la sphère politique, la sphère religieuse, la sphère économique. Ils sont donc prompts à se transformer lorsque les champs du social eux-mêmes sont réorganisés. C’est leur adéquation avec la société qui « [autorise] les humains à produire des actions efficaces sur le monde ».1 Voir plus

0 Commentaire

Évoquer et invoquer le surnaturel – les objets de la chasse aux têtes et de la pêche à la bonite (partie 2)

      La semaine dernière nous vous proposions d’envisager les passerelles et similitudes symboliques existant entre la chasse aux têtes et la pêche à la bonite, deux activités qui étaient (et est toujours en ce qui concerne la pêche à la bonite) déployées en mer à l’ouest et au sud-est de l’archipel des Salomon. Ces activités ont donné lieu à la production de nombreux objets et images constituant un ensemble formel cohérent, notamment en raison de l’emploi, dans leur fabrication, de dispositifs techniques et visuels communs aux Salomon occidentales et orientales. Voir plus

0 Commentaire

Évoquer et invoquer le surnaturel – les objets de la chasse aux têtes et de la pêche à la bonite (Partie 1)

       Facilement identifiables visuellement, les sculptures de bois noir décorées de motifs blancs produites dans l’archipel des Salomon (à l’exception des îles les plus au nord), leur iconographie récurrente, les êtres hybrides qu’elles représentent, ont pour ainsi dire tapé dans l’œil des arrivants occidentaux. Au-delà de leurs qualités esthétiques, c’est l’imaginaire qu’elles convoquent, évocateur d’un archipel associé à l’aube du XXème siècle à une vision fantasmée du cannibalisme, qui participe à la popularité des pièces salomonaises auprès du public occidental. Voir plus

0 Commentaire

Le Sandroing au Vanuatu, bien plus qu’un dessin

        En 2008, la tradition de dessin sur le sable du Vanuatu se voyait inscrite sur la liste du Patrimoine Culturel Immatériel (PCI) de l’Unesco. Cette pratique consiste à tracer au doigt et à même le sol une ligne continue, contrainte par un quadrillage de lignes ou de points. C’est l’anthropologue anglais Bernard Deacon1 qui, le premier, s’intéressa à cette tradition en particulier et la documenta, lui donnant le nom de « sand-drawing ». John Layard2 préférait la nommer « tracé sur le sable ». Au cours de cet article nous verrons pourquoi, appliquée à cette coutume qui s’est développée du nord-ouest d’Epi au sud-est des îles Salomon via les îles du centre-nord – où elle a atteint son apogée – et les îles Banks et Torres, la désignation « dessin » peut paraitre réductrice. Plus que de simples motifs décoratifs, on regroupe sous cette appellation une grande variété de tracés remplissant plusieurs fonctions et niveaux de signification ; rituels, mnémotechniques, à fin de communication, humoristiques. Voir plus

0 Commentaire

1878 : deux regards sur l’Histoire

     C’est un tout petit livre rouge qui ne paye pas de mine. Mais il contient trois choses essentielles : les carnets de campagne d’un artilleur bourguignon, un récit de guerre kanak1 et une présentation d’Alban Bensa. Il est publié par Anacharsis, maison d’édition dont la devise est « Rencontres entre cultures », au sein de la collection Framagouste (qui entend dépasser les « chatoiements d’un exotisme de pacotille »)2 parmi un ensemble de témoignages, de récits de voyage, et de portraits sans fars du colonialisme. Voir plus

1 Commentaire

The Highlands Trilogy : un monument d’anthropologie visuelle

     Au début des années 1930, sur les hauts plateaux qui cernent le Mont Hagen1, trois explorateurs australiens, les frères Leahy, découvrent de l’or et filment leur rencontre avec les populations qui habitent la vallée de la rivière Wahgi. Cinquante ans plus tard, le documentariste Bob Connolly et la sociologue Robin Anderson capturent, lui à l’image, elle au son, la vie des descendants et survivants de ce «premier contact». Dans First Contact (Premier contact), ils discourent avec les habitants de ces hautes-terres des images d’archives produites par les frères Leahy et qu’ils ont apportées avec eux. À la suite de ce premier échange, Connolly et Anderson s’installent deux années durant à mi-distance du village des Ganiga et de la maison de Joe Leahy, métisse né de l’union d’une papou et d’un des frères Leahy qui dirige une plantation de café, pour filmer les deux autres volets de la trilogie : Joe Leahy’s Neighbours (les voisins de Joe Leahy) et Black Harvest (traduit en français par Récolte sanglante).   Voir plus

commentaires

Jack London dans les mers du Sud : le Pacifique débarque à Marseille !

        L’exposition qui se tient au centre de la vieille charité à Marseille du 8 septembre 2017 au 7 janvier 2018 est une collaboration entre le Musée d’Arts Africains, Océaniens et Amérindiens de Marseille (MAAOA) et la Compagnie des Indes, qui entendent faire « revivre le souffre de l’aventure maritime et la magie des rencontres ».1 Voir plus