Tupaia : un Polynésien à bord avec Cook

     Dans la seconde moitié du XVIIIème siècle, la France et l’Angleterre se lancent dans une course effrénée à la conquête des océans1. C’est dans ce contexte que la Royal Society charge James Cook, marin et cartographe expérimenté, de mener à bien une importante expédition à destination de Tahiti en Polynésie2. Il s’agit du premier des trois grands voyages du capitaine. Il est accompagné de Joseph Banks, autre figure importante, riche propriétaire foncier et naturaliste passionné, en partie financeur de l’expédition. Celle-ci s’inscrit dans un projet d’ampleur : l’observation simultanée, depuis différents points terrestres, du passage de Vénus entre la Terre et le Soleil, laquelle devant permettre le calcul de la distance entre la Terre et l’astre solaire. Mais Cook reçoit aussi secrètement l’ordre de rechercher la Terra Australis Incognita, immense continent mythique de l’hémisphère sud devant faire contrepoids aux masses continentales du nord3. Lire la suite de “Tupaia : un Polynésien à bord avec Cook”

“Le magasin des petits explorateurs” : les clichés meurent aussi

     Tarzan, Tintin et un scout sont sur un bateau… Cela pourrait être le début d’une comptine pour enfant. C’est également le pari de la dernière exposition du musée du Quai Branly qui entend explorer la constitution de l’imaginaire enfantin sur l’Autre de la fin du XVIIIe siècle à nos jours. À la barre, Roger Boulay, Julien Bondaz et Jean-Yves Belfis nous entraînent dans « les cavernes de la mémoire »1 à bord d’un vaisseau aux allures de vide grenier. Lire la suite de ““Le magasin des petits explorateurs” : les clichés meurent aussi”

La faute à Christophe Colomb

« Je ne puis garantir qu’on n’en fera pas d’autres découvertes à l’avenir, car bien des gens plus qualifiés que nous se sont trompés à propos de celle-ci. J’ai peur que nous ayons les yeux plus grands que le ventre, et plus de curiosité que nous n’avons de capacité. Nous embrassons tout, mais nous n’étreignons que du vent. »1 Lire la suite de “La faute à Christophe Colomb”

The Highlands Trilogy : un monument d’anthropologie visuelle

     Au début des années 1930, sur les hauts plateaux qui cernent le Mont Hagen1, trois explorateurs australiens, les frères Leahy, découvrent de l’or et filment leur rencontre avec les populations qui habitent la vallée de la rivière Wahgi. Cinquante ans plus tard, le documentariste Bob Connolly et la sociologue Robin Anderson capturent, lui à l’image, elle au son, la vie des descendants et survivants de ce «premier contact». Dans First Contact (Premier contact), ils discourent avec les habitants de ces hautes-terres des images d’archives produites par les frères Leahy et qu’ils ont apportées avec eux. À la suite de ce premier échange, Connolly et Anderson s’installent deux années durant à mi-distance du village des Ganiga et de la maison de Joe Leahy, métisse né de l’union d’une papou et d’un des frères Leahy qui dirige une plantation de café, pour filmer les deux autres volets de la trilogie : Joe Leahy’s Neighbours (les voisins de Joe Leahy) et Black Harvest (traduit en français par Récolte sanglante).   Lire la suite de “The Highlands Trilogy : un monument d’anthropologie visuelle”

Vers l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie ?

Première partie – Avant le référendum

Cet article est le premier que nous consacrons au référendum de Nouvelle-Calédonie, qui aura lieu d’ici novembre 2018. Nous traitons ici de l’histoire de l’île, de la colonisation, et des enjeux du référendum. Cet article sera suivi d’une seconde partie, publiée après les résultats de la consultation. Lire la suite de “Vers l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie ?”

À la recherche du “sublime poétique” : les surréalistes et les arts d’Océanie

     « Océanie… de quel prestige ce mot n’aura-t-il pas joui dans le Surréalisme. Il aura été un des grands éclusiers de notre cœur »1. Ainsi s’ouvre le catalogue de l’exposition Océanie organisée en 1948 par les surréalistes à la galerie André Olive à Paris. Ces mots d’André Breton témoignent d’une histoire de désir et d’admiration qui dure depuis les origines du mouvement, entre recherche effrénée d’objets dans tous les ports d’Europe et hommages littéraires et artistiques, une histoire d’Amour Fou en somme. Lire la suite de “À la recherche du “sublime poétique” : les surréalistes et les arts d’Océanie”

Danse avec les papous : les filles du Lido dans les Hautes-Terres de Nouvelle-Guinée

       Elles s’appellent Julie, Alexandra et Zara, elles sont « grandes comme des cocotiers », « maigres comme des biscuits secs » et ont « la peau douce comme une anguille »1 mais surtout, elles sont danseuses au Lido. En 2011, elles s’envolent pour les Hautes-Terres de Nouvelle-Guinée avec, dans leurs malles, plumes, froufrous et paillettes et sont accueillies par Mundiya Kepanga, un chef Huli. Elles vont tenter, au sein d’un groupe Huli, de participer à la compétition de danse du Hagen-Show, l’un des plus grands festivals de Nouvelle-Guinée. Lire la suite de “Danse avec les papous : les filles du Lido dans les Hautes-Terres de Nouvelle-Guinée”

Les dieux-bâtons Cook : représentation d’une généalogie ?

     Les îles Cook se situent dans l’océan Pacifique, plus précisément en Polynésie centrale. L’archipel se compose de deux groupes d’îles, les îles du nord et les îles du sud, ces dernières étant les plus connues pour les historiens d’art. L’île de Rarotonga, qui fait partie des îles du sud, est probablement la plus connue de tout l’archipel. Bien que le navigateur et cartographe von Krusenstern ait donné le nom du Capitaine Cook à l’archipel en 1824, le célèbre navigateur n’a en réalité séjourné que quelques semaines dans les Îles qui portent son nom.1 La typologie d’objet qui nous intéresse aujourd’hui, les dieux-bâtons, proviennent précisément de l’île de Rarotonga. Lire la suite de “Les dieux-bâtons Cook : représentation d’une généalogie ?”

Jack London dans les mers du Sud : le Pacifique débarque à Marseille !

        L’exposition qui se tient au centre de la vieille charité à Marseille du 8 septembre 2017 au 7 janvier 2018 est une collaboration entre le Musée d’Arts Africains, Océaniens et Amérindiens de Marseille (MAAOA) et la Compagnie des Indes, qui entendent faire « revivre le souffre de l’aventure maritime et la magie des rencontres ».1 Lire la suite de “Jack London dans les mers du Sud : le Pacifique débarque à Marseille !”

Cannibales et Vahinés : cartographie d’un imaginaire occidental

         Les cartes sont des outils scientifiques. Elles permettent à l’homme d’appréhender son environnement en reportant sur une surface plane un ensemble de réalités objectives à une échelle réduite. Mais elles peuvent également se muer en objets ethnographiques ; produits d’un imaginaire qu’elles contribuent à entretenir et témoignages des connaissances partielles d’une époque. Lire la suite de “Cannibales et Vahinés : cartographie d’un imaginaire occidental”