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Un substitut, oui mais de quoi ? Les têtes trophées du Golfe de Papouasie

Un substitut de tête trophée à quoi cela correspond ? L’anthropologue suisse Paul Wirz écrit un article à ce sujet mais conclue que le terme peut être difficilement défini.1 Lors de son séjour le long de la côte sud de l’île de Nouvelle-Guinée, il collecte un important corpus de substituts de têtes trophées qui sont le point de départ de réflexion de ses articles. Ce corpus établi sous cette bannière de substituts rassemble cependant des sculptures tout à fait variées. La plupart sont réalisées en bois ou plus rarement en tapa. Ces objets posent la question de la classification et la catégorisation. Comment définir ces objets ? Pourquoi utiliser le terme de substitut de tête trophée s’il est impossible de clairement le définir ? Ces questions prennent sens lorsque l’on place ces substituts de têtes trophées dans un contexte plus large.

Carte de la région du Golfe de Papouasie, Papouasie-Nouvelle-Guinée. © CASOAR

En se concentrant principalement sur la région du Golfe de Papouasie, nous allons tenter de comprendre le pourquoi de cette appellation. D’abord le terme renvoie directement aux pratiques de chasse aux têtes et de culte des crânes humains. Ces éléments sont considérés comme clés pour comprendre les cultures du Golfe et du Fly. Après l’interdiction et la suppression de la chasse aux têtes, les populations locales ont commencé à produire des substituts de têtes trophées parce que, selon Wirz, aucune tête animale ne pouvait remplacer les crânes humains malgré les recommandations du gouvernement colonial. Ces nouvelles créations servent ainsi de substituts aux crânes conservés dans les maisons des hommes. Ces longues maisons sont organisées en petits compartiments (larava) dans lesquels chaque groupe social, généralement une famille, possède un foyer, différentes figures sculptées et des crânes. Collectés lors de chasses aux têtes, les crânes peuvent être, selon les régions, suspendus à des crochets ou déposés dans des niches.

Les descriptions de chasse aux têtes ou de cannibalisme dans le Golfe marquent les témoignages dès les premiers contacts à la fin du XIXème siècle. Le Golfe a donc été conçu comme une région pour laquelle la chasse aux têtes et le cannibalisme étaient les principales caractéristiques culturelles.2 Les missionnaires sont les premiers à témoigner de ces pratiques. À la même époque, l’intérêt ethnographique pour la région commence avec les voyages d’Alfred C. Haddon entre 1888 et 1898, suivi par son élève Gunnar Landtman, puis par Paul Wirz et F. E. Williams.3 Après les premières interprétations de ces pratiques, comme simple chasse à des fins alimentaires, la raison principale est dite cérémonielle. La cérémonie du pairama est décrite comme l’une des plus importantes à ce sujet. La cérémonie s’organise autour de la destruction et la réalisation d’une nouvelle maison des hommes ainsi que de nouvelles figures en vannerie appelées kaiamunu. Ce processus de destruction et de recréation était lié à l’initiation des jeunes garçons. Après le raid, le cadavre était étendu dans la maison longue, sur une plateforme, et la dakea kavana ou « paiement de l’expédition » était effectuée. Ensuite, la tête était offerte à la nouvelle figure kaiamunu, introduite dans la bouche et finalement vomie. Enfin, la tête était conservée dans la larava du tueur.4 Bruce Knauft montre comment ces pratiques de chasse aux têtes et de cannibalisme doivent être comprises comme faisant partie d’un « cycle cosmologique de croissance et de fertilité qui inclut la prise et l’incorporation de force vitale.”5 En coupant et en prenant possession de la tête des ennemis, la force vitale qu’elle représente permet le rajeunissement du groupe social.

Substitut de tête trophée, XIXème – début XXème siècle, Golfe de Papouasie, Nouvelle-Guinée, acquise par la famille Sainsbury en 1949, Sainsbury Centre for Visual Arts, Norwich, Royaume-Uni. Photographie : Clémentine Débrosse

Mais alors à quoi servent les substituts de tête trophée dans ce processus ? Certaines descriptions plus précises de l’usage des crânes lors de cérémonies donnent quelques indices sur la manière dont les substituts pouvaient être utilisés. Douglas Newton mentionne notamment les danses du cycle Turama par les populations Baru, dans lesquelles les crânes sont montés sur un bâton.6 De telles danses sont également mentionnées par Wirz pendant la cérémonie du bagoi-gama. Les crânes sont présentés et dansés toute la nuit. À la fin, ils étaient enfoncés dans le sol et les hommes dansaient autour d’eux.7 Wirz photographie un homme portant un tel assemblage en 1930 à Wapo. Une telle description nous permet de mieux comprendre la partie inférieure des substituts conservés dans les collections.

Homme portant une tête trophée montée sur un bâton, 1930, Wapo Creek © Wirz, 1934, planche XXIII

Wirz explique que les substituts étaient exposés publiquement pendant que la tête humaine était conservée ailleurs. Il est possible d’imaginer que ces substituts aient pu être utilisés pour éviter de devoir enlever les crânes humains conservés dans la maison des hommes. Néanmoins, ces descriptions ne résolvent pas les problèmes de classification ni de catégorisation. En effet, Wirz mentionne l’impossibilité de faire la distinction entre un substitut et un bâton de danse mais fait tout de même cette distinction dans ses planches illustrées.8

Cette distinction déconcertante n’est pas la seule incohérence dans la description de Wirz. Tout d’abord, le terme “substitut de tête trophée » suggère qu’ils étaient utilisés et conservés dans la maison des hommes en remplacement des crânes humains. Néanmoins, aucune photographie de substitut dans ce contexte n’est connue. De plus, l’idée que cette production soit exclusivement liée à l’interdiction coloniale de la chasse aux têtes est incorrecte puisque des exemples antérieurs existent. La preuve la plus frappante est la collecte par Luigi d’Albertis d’une imitation en noix de coco d’une tête-hochet produite dans la région de la Fly.9 Il ne peut s’agir d’un substitut de tête trophée puisque l’administration coloniale était alors inexistante. Wirz explique la production des substituts comme permettant de remplacer les crânes – objets de grande valeur – pour éviter de les sortir de la maison.10 Comprendre ces substituts de têtes de trophées semble donc plus complexe que ce que n’explique Wirz. Afin de mieux les appréhender, il nous faut donc se tourner vers le contexte dans lequel cette classification et cette catégorisation ont eu lieu.

Tout d’abord, il faut comprendre le contexte colonial dans lequel la chasse aux têtes a été interdite. Le Golfe de Papouasie, région faisant partie du territoire de la Papouasie (sud de l’actuelle Papouasie-Nouvelle-Guinée), est devenu un protectorat britannique en 1884. Les premières missions sont déjà présentes dans la région depuis 1871 avec Samuel MacFarlane et la London Missionary Society (LMS).11 Les missionnaires et les fonctionnaires coloniaux sont les principaux agents de l’exploration de la région et travaillaient en collaboration pour supprimer la chasse aux têtes et le cannibalisme. La LMS  ouvre des missions à Orokolo, en 1897, et à Urika, en 1906.12 Dans le même temps, les forces coloniales établissent des quartiers généraux sur tout le territoire (à Kerema, en 1906, et à Kikori, en 1913).13 Les gouverneurs William MacGregor et Hubert Murray développent des politiques importantes ; Murray crée un nouveau programme en 1912 dans lequel l’éradication du cannibalisme et de la chasse aux têtes est considérée comme « la priorité absolue de son idéologie civilisatrice de ce que devrait être le gouvernement et l’exploration ».14 Afin de s’assurer de la disparition des conflits guerrier et des raids de chasse aux têtes, des expéditions punitives sont mises en place. Celle qui a suivi l’assassinat de James Chalmers en 1901 sur l’île de Goaribari par le gouverneur George Le Hunte en est l’exemple le plus marquant. Le missionnaire Chalmers ainsi que son groupe sont arrivés au moment de l’achèvement d’une maison des hommes et ont été tués. En représailles, le gouverneur détruit pirogues et maisons dans dix villages et tue au moins vingt-quatre autochtones.15 Par conséquent, la classification et la catégorisation de Paul Wirz doivent être prises en compte dans ce contexte de violence. La mort de Chalmers est largement diffusée en Australie ainsi qu’au Royaume-Uni, alimentant ainsi une fascination pour la chasse aux têtes et le cannibalisme.

Les futurs visiteurs sont donc naturellement marqués par ces pratiques et viennent dans la région avec l’idée de trouver plus de détails sur ces dernières.16 Cette fascination pour la chasse aux têtes et le cannibalisme dans le Golfe de Papouasie a commencé avant même tout contact occidental avec la région. Dario Di Rosa montre le rôle crucial joué par les habitants des îles du détroit de Torres dans les futures rencontres avec la Nouvelle-Guinée. La première mention de la Nouvelle-Guinée comme territoire de chasseurs de têtes a été faite par les habitants des îles du détroit de Torres à Joseph Jukes, en 1845, qui a ensuite influencé, par son récit, les récits de MacGregor et Haddon. Le missionnaire Chalmers alimente cette fascination, même avant sa mort, par son intérêt disproportionné pour la chasse aux têtes et le cannibalisme et sa « tendance à supposer que chaque crâne qu’il voit est le résultat d’un raid cannibale.”17 Une telle fascination se retrouve également dans les publications scientifiques. Il est utile de rappeler que les frontières entre anthropologie, travail missionnaire et exploration coloniale sont alors plus poreuses. À travers les publications de Haddon, la religion et la culture du Golfe sont comprises comme « une combinaison de totémisme, de chasse aux têtes, de cannibalisme et d’un culte des ancêtres.”18 Cette fascination se poursuit même lorsque les données ethnographiques ne le confirment pas. Alors qu’il traite des pirogues de guerre et de la chasse aux têtes, Haddon écrit: « ils disent que la pirogue n’est pas aspergée de sang (mais j’en doute)« .19

Enfin, dans ce double contexte d’interdiction de la chasse aux têtes et de fascination pour cette pratique, la collecte de crânes permet elle aussi de mieux comprendre cette catégorie de substituts de têtes trophées. Les crânes sont abondamment collectés pour les présenter comme preuves, en tant qu’ « artefacts de la chasse aux têtes ».20 Ce contexte crée une situation quelque peu paradoxale pour les populations locales.21 Par example, Goruosi et Pasere (deux habitants du Fly accusés d’avoir pratiqué la chasse aux têtes) sont interrogés sur tous les détails de la production et de l’utilisation des têtes trophées.22 La collecte de crânes et de sculptures liées à leur culte a rapidement été comprise comme un outil important par l’administration coloniale. Murray saisit ces objects pour affirmer la puissance coloniale.23 Un autre exemple frappant est la collection faite par Frank Hurley et Allan McCulloch pour l’Australian Museum en 1922. Les notes de leur expédition permettent de comprendre comment ils volent artefacts et crânes.24 Cette fascination pour la chasse aux têtes sur le terrain est ensuite reproduite dans les musées. Par exemple, un crochet et des crânes collectés par Hurley et McCulloch dans la région d’Urama sont donnés à l’Australian Museum et exposés dans une version réduite d’une maison des hommes avec des crânes de collections de musées du monde entier.25

À travers ces différents éléments, il est possible de comprendre les substituts de têtes trophées dans un contexte plus complexe que celui de leur simple utilisation en guise de crânes humains. Considérant ce contexte paradoxal, il est possible que ces substituts soient des éléments de la culture matérielle locale mais ils sont restés « incompris par ceux qui les ont collectés, qui n’avaient que le cannibalisme et la chasse aux têtes à l’esprit « .26 Une autre possibilité est que cette production ait été faite pour répondre à la demande occidentale. On peut imaginer comment la production de ces substituts a pu être faite pour protéger les crânes humains, laissés dans la maison des hommes. Ces crânes sont de moins en moins nombreux à la suite des multiples visites et collectes occidentales. Par exemple, certains refusent de donner des crânes humains à Hurley en disant: « le gouvernement nous interdit maintenant de tuer plus de victimes, ce qui nous prive des moyens d’en obtenir davantage et nous ne nous séparerons pas de ceux que nous avons (sic) ».27 Alors, pour qui ces sculptures sont-elles des substituts ? Pour les populations du Golfe ? Pour les Occidentaux ?

Enzo Hamel

Image à la une : Dessins des substituts de tête trophée collectés par Paul Wirz © Wirz, 1950, p. 419/426, montage réalisé par Clémentine Debrosse.

1 WIRZ, P., 1950. « Der Ersatz für die Kopfjägerei und die Trophäeimitation. Unter besonderer Berücksichtigung der vom Verfasser auf Neuguinea und Sabirut (Mentawei) gesammelten Objekte ». In TÖNNIES, I. (ed), Beiträge zur Gesellungs- und Völkerwissenschaft; Richard Thurnwald zu seinem achtzigsten Geburtstag gewidmet. Berlin, Gebr. Mann, p. 428.

2 KNAUFT, B., 1994. Foucault Meets South New Guinea: Knowledge, Power, Sexuality. Ethos 22: 4, pp. 391-438.

3 Ibid, p. 400.

4 Plus d’informations, voir WILLIAMS, F. E., 1923. « The Pairama ceremony in the Purari Delta, Papua ». The Journal of the Royal Anthropological Institute of Great Britain and Ireland 53, pp. 361-387 ; WILLIAMS, F. E., 1924. The Natives of the Purari Delta. Port Moresby, Govt. Printer.

5 KNAUFT, B.,1993. South Coast New Guinea Cultures: History, Comparison, Dialectic. Cambridge: Cambridge University Press, p. 174.

6 DOUGLAS, N., 1961. Art Styles of the Papuan Gulf. New York, Museum of Primitive Art, pp. 18-19.

7 WIRZ, P., 1934. Beiträge zur Ethnographie des Papua-Golfes, Britisch-Neuguinea. Saarbrücken, Fines Mundi, p. 71.

8 WIRZ, P., 1950. « Der Ersatz für die Kopfjägerei und die Trophäeimitation. Unter besonderer Berücksichtigung der vom Verfasser auf Neuguinea und Sabirut (Mentawei) gesammelten Objekte ». In TÖNNIES, I. (ed), Beiträge zur Gesellungs- und Völkerwissenschaft; Richard Thurnwald zu seinem achtzigsten Geburtstag gewidmet. Berlin, Gebr. Mann, p. 420.

9 HADDON, A.C., 1923. « Stuffed Human Heads from New Guinea ». Man 23, p. 38.

10 WIRZ, P., 1950. « Der Ersatz für die Kopfjägerei und die Trophäeimitation. Unter besonderer Berücksichtigung der vom Verfasser auf Neuguinea und Sabirut (Mentawei) gesammelten Objekte ». In TÖNNIES, I. (ed), Beiträge zur Gesellungs- und Völkerwissenschaft; Richard Thurnwald zu seinem achtzigsten Geburtstag gewidmet. Berlin, Gebr. Mann, p. 420.

11 LANGMORE, D., 1989. Missionary lives : Papua, 1874-1914. Honolulu, University of Hawaii Press, pp. xi-1.

12 BELL, J., 2005. «  »A gift of the first importance »: the Cambridge University Museum of Archaeology and Anthropology’s Papuan Gulf photographic collection ». Journal of Museum Ethnography 17. In CHALMERS, J. 1895. Pioneer life and work in New Guinea, 1877-1894. London, The Religious Tract Society, p. 182.

13 KNAUFT, B., 1993. South Coast New Guinea Cultures: History, Comparison, Dialectic. Cambridge, Cambridge University Press, pp. 26-27.

14 ROQUE, R. 2019. « Heads and cultures: A. C. Haddon, colonial exploration and the Strickland River inscription ». History and Anthropologhttps://doi.org/10.1080/02757206.2019.1623211, p. 7.

15 HOPE, P., 1979. Long Ago is Far Away: accounts of the early exploration and settlement in the Papuan Gulf area. Canberra, Australian National University Press, p. 11.

16 Ibid, p. 13.

17 O’HANLON, M., 1999. « Mostly Harmless?: Missionaries, Administrators and Material Culture on the Coast of British New Guinea ». The Journal of the Royal Anthropological Institute 5: 3, p. 386.

18 HADDON, A. C., 1919. « The Kopiravi Cult of the Namau, Papua ». Man 19, p. 179.

19 HADDON, A. C., 1918. « The Agiba Cult of the Kerewa Culture ». Man 18, p.180.

20 ROQUE, R. 2019. « Heads and cultures: A. C. Haddon, colonial exploration and the Strickland River inscription ». History and Anthropologhttps://doi.org/10.1080/02757206.2019.1623211, p. 4.

21 O’HANLON, M., 1999. « Mostly Harmless?: Missionaries, Administrators and Material Culture on the Coast of British New Guinea ». The Journal of the Royal Anthropological Institute 5: 3, p. 387.

22 BAXTER-RILEY, E., 1923. « Dorro Head-hunters ». Man 23, pp. 33-35.

23 WELSCH, R., WEBB, V.-L., & HARAHA., S., 2006. Coaxing the Spirits to Dance. Art and Society in the Papuan Gulf of New Guinea. Hanover, N.H., Hood Museum of Art, p. 32.

24 YOUNG, M. W., & CLARK, J., 2001. An anthropologist in Papua : the photography of F.E. Williams, 1922-39. Honolulu, University of Hawai’i Press, p. 18.

25 SPECHT, J. & J. FIELDS, 1984. Frank Hurley in Papua : photographs of the 1920-1923 expeditions. Bathurst, Robert Brown in association with the Australian Museum Trust, p. 8.

26 O’HANLON, M., 1999. « Mostly Harmless?: Missionaries, Administrators and Material Culture on the Coast of British New Guinea ». The Journal of the Royal Anthropological Institute 5: 3, p. 392.

27 SPECHT, J. & J. FIELDS, 1984. Frank Hurley in Papua : photographs of the 1920-1923 expeditions. Bathurst, Robert Brown in association with the Australian Museum Trust, p.140.

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