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The Whale Rider, un récit initiatique au cœur de la tradition maorie

« La première fois que j’ai vu Moby Dick […], j’étais déçu de la manière dont la grande baleine blanche était présentée comme démoniaque : en réalité, elle essayait juste de se sauver du capitaine Ahab ».1

Nous ne vous parlerons pas de Moby Dick aujourd’hui, mais de l’œuvre de Witi Ihimaera, auteur maori du livre The Whale Rider, traduit en français par « Kahu, fille des baleines » publié initialement en 1987. L’œuvre a été adaptée pour le grand écran en 2002, dans un long-métrage réalisé par Niki Caro2 et produit par South Pacific Pictures. Le livre et le film prennent place principalement à Whangara, une petite communauté maorie près de Gisborne, sur la côte est de l’île Nord de Aotearoa (Nouvelle-Zélande), au sein de laquelle l’auteur a grandi.

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From Exotic Curiosities to Primitivism

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This article was first written for the catalogue of the Bourgogne Tribal show's third edition in 2018.

"You walk towards Auteuil you want to go home on foot
To sleep among your Oceanic and Guinean fetishes
They are Christs of another shape and another creed."
Guillaume Apolinaire, « Zone », 1913.

These lines by poet Guillaume Apollinaire testify to his early interest in non-European art. The year was 1913, on the eve of the First World War, and his famous collection of poems Alcools, had just been published. Apollinaire did not know then that the West was about to change the way it looked at Pacific objects. This metamorphosis would deeply mark the history of the arts and ethnographic museums. Read More

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Les musées peuvent-ils tout exposer ? Les « tjuringa », un secret bien gardé ?

       Si vous avez l’occasion de visiter l’exposition « La quête du savoir rencontre la soif de collectionner » au musée des Cultures de Bâle,1 vous vous interrogerez certainement quant à la présence d’un rectangle orange dans l’une des vitrines, au sein duquel… aucun objet n’est présenté. À première vue, on pourrait croire que cette absence est due à un souci de restauration, un prêt qui n’est pas arrivé à temps, bref un problème technique. Si vous regardez de plus près, il est en réalité indiqué que l’objet en question ne sera pas présenté, car il ne peut être vu par tous.

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Des cultures derrière les objets : l’exposition « Une mer d’îles – chefs d’œuvre d’Océanie » au musée Volkenkunde

    Le jeudi 20 février avait lieu le vernissage de l’exposition Une mer d’îles – chefs d’œuvre d’Océanie au musée Volkenkunde, à Leiden, aux Pays-Bas. CASOAR répondait présent à l’évènement. On doit vous dire qu’on était assez impatients de découvrir ce qui se cachait derrière un titre qui faisait potentiellement référence à l’auteur et anthropologue fidjien Epeli Hau’ofa, à travers la notion de « mer d’îles ». Read More

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Aux origines de l’anthropologie : entre racisme et colonialisme

     À la fin du XX siècle, les anthropologues commencèrent à reconnaître l’implication de leur discipline dans la domination d’autres peuples, à travers l’esclavage, l’impérialisme et le colonialisme. De quelle manière une discipline qui a pour but d’étudier l’Homme a-t-elle pu participer à la domination et la discrimination de ce dernier ? Comment l’anthropologie, dans les débuts de sa formation, a-t-elle pu servir une idéologie coloniale ? C’est à ces questionnements que l’article propose de réfléchir. Mais avant toute chose, il nous faut cerner ce que signifie « anthropologie » et quelles sont les racines de cette discipline. Read More

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Les Kanak exhibés en marge de l’Exposition coloniale en 1931 : le mythe du « sauvage cannibale »

Cet article est l’adaptation de notre conférence De la Vahiné à Vaiana : mythologies européennes de l’Océanie, des Lumières de la philosophie à celles des projecteurs, qui s’est tenue à l’École du Louvre le 27 mars 2019, dans le cadre de notre partenariat avec le Bureau des Élèves de l’École du Louvre pour le gala « Mythes et Légendes ».

         « Les derniers cannibales des îles océaniennes lointaines et parfumées ! ». Ce sont en ces termes que le journal l’Excelsior du 1 avril 1931 annonce l’exhibition de 111 Kanak1 à Paris à l’occasion de l’Exposition coloniale. Ces derniers sont exhibés au sein du jardin zoologique de Vincennes en marge de l’Exposition officielle. Comme en témoigne la phrase d’accroche voulue spectaculaire de l’Excelsior, les populations Kanak – qui vivent en Nouvelle-Calédonie et par cette distance géographique sont très peu connues des métropolitains – sont alors placées au plus bas de l’ « échelle de l’évolution » par des conclusions pseudo-scientifiques menées notamment par les anthropologues. Read More

Le pouvoir de la lumière : le phénomène d’iridescence dans les Salomon orientales

« Le crépuscule est le moment où les choses se confondent, et où les êtres, morts ou vivants, croisés le long d’un chemin ou sur le rivage, sont indifférenciés ».1 La brillance et plus particulièrement l’iridescence, sont des phénomènes visuels que nous expérimentons tous au quotidien. Il s’agit d’aberrations chromatiques, qui résultent de la capacité qu’ont certains corps à refléter la lumière de telle sorte que celle-ci est décomposée. Seules certaines couleurs sont alors visibles. Vous retrouvez un tel phénomène sur le pourtour des nuages, qui parait parfois irisé. Ceci est dû aux gouttes d’eau contenues dans l’atmosphère qui filtrent la lumière solaire. C’est aussi le cas des couleurs que vous pouvez observer au crépuscule, liées à la « réfraction, à la dispersion et à l’absorption sélective des rayons solaires ».2 Comment réagissez-vous à de tels phénomènes ? Qu’est-ce que cela évoque dans votre imaginaire ? Read More