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“And Viot once again left for the Tropics” *

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This article was first written for the catalogue of the Bourgogne Tribal show's third edition in 2018.

      “A poet without a publishing house or work”1Jacques Viot entered the world of Parisian galleries and, more particularly, the surrealist scene in the 1920s. He represented artists like Joan Miró. After working for several artists and galleries and being deep in debt, Viot sailed the Pacific in 1926. After coming back to Paris in 1928, he got back in touch with Pierre Loeb who had had a gallery in Paris since 1924. Viot had worked with him before his departure. Viot suggested that he go to the South Seas in order to bring back objects that were fashionable at the time, particularly among surrealists. Read More

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R’Sis- L’Tié- Let-Pol : le « sauvage blanc » d’Australie

Lorsque deux hommes n’ayant pas de langue commune se rencontrent, que se disent-ils avant tout ? Leur nom. Je l’avais constaté en Islande comme dans le Pacifique. Je mis la main sur mon cœur – geste cérémonieux que j’espérai universel – et dis :
« Octave de Vallombrun. »
Il fit le même geste – là encore, une attitude en miroir de la mienne qu’il n’avait pas eue auparavant – et répéta :
« R’sis- L’tié- Let-Pol. »
S’il se présentait ainsi en insistant sur les deux premiers termes, cela pouvait-il être son nom et son prénom ? J’essayai :
« Narcisse ?
– R’sis ! »
Sa joie était visible, mais les mots se refusaient à sa mémoire et il en avait les larmes aux yeux. J’insistai donc :
« Narcisse ? C’est bien cela, mon garçon ? Tu t’appelles Narcisse ?
– R’sis », confirma-t-il en posant la main sur son cœur.
Nous restâmes alors muets, émus tous deux de ce premier contact. Je le fixai sans cesse, comme si son visage allait me révéler le secret de son existence.1

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Segalen et « Les Immémoriaux », entre exotisme et ethnologie

« Je t’ai dit avoir été heureux sous les tropiques, c’est violemment vrai. Pendant deux ans en Polynésie, j’ai mal dormi, de joie. J’ai eu des réveils à pleurer d’ivresse du jour qui montait. Les dieux du jouir, savent seuls, combien le réveil est annonciateur du jour et révélateur du bonheur continu que ne dose pas le jour. J’ai senti de l’allégresse couler dans mes muscles. J’ai pensé avec jouissance. J’ai découvert Nietzsche. Je tenais mon œuvre, j’étais libre, convalescent, frais et sensuellement assez bien entraîné. J’avais de petits départs, de petits déchirements, de grandes retrouvées fondantes. Toute l’île venait à moi, comme une femme. Et j’avais précisément, de la femme là-bas, des dons que les pays complets ne donnent plus. Outre la classique épouse maorie dont la peau est douce et fraîche, les cheveux lisses, la bouche musclée, j’ai connu des caresses et des rendez-vous, et des libertés qui ne demandaient pas autre chose que la voix, les yeux, la bouche et de jolis mots d’enfant. À Tahiti donc, j’ai sans geste précis connu des heures nocturnes radieusement belles. Les parfums s’y mêlaient sans doute, mais je sais fermement pourquoi j’y fût heureux. Je sais aussi que lorsque j’y retournerai pour vivre et y écrire mon maître du jouir, j’y retrouverai sous des espèces nouvelles, oh, pas de passion personnelle, d’analogue moment, ou bien je ne serais pas digne de sentir et de vivre. »
Extrait de lettre de Victor Segalen à son ami Henry Manceron, 24 décembre 1911.1 Read More

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Is there such a creature as “traditional culture”? *

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As explained by Sean Mallon in his now famous ‘Against Tradition’ (2010), the story began with Samoan writer Albert Wendt. While Wendt started his discussion on the word “tradition” and its use in the 1970s, the debate took a larger scope in the 1990s, as he was working on the creation of a museum - Te Papa Tongarewa, Wellington, New Zealand – as member of the Pacific Advisory Committee. Wendt had a simple request then: to abandon the term “traditional art”1 in the future museum. But why?

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Un pont entre deux pays : la Commande Publique d’Art Aborigène au musée du quai Branly

              Laissez-moi vous compter l’histoire d’une des grandes oubliées du musée du quai Branly, la Commande d’Art Publique Aborigène. Bien que largement mise à l’honneur lors de l’ouverture du musée en 2006, cette collection d’œuvres aborigènes contemporaines fait désormais « partie des murs », au sens propre comme au figuré. Read More

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Spear: the story of an Indigenous heritage

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Djali wants to understand what it means to be a man. His journey begins in Arnhem Land and takes him to Sydney. Djali’s search for meaning exposes him to the troubled stories of other Indigenous Australian men. He witnesses the indignities and hardships they face as they negotiate life in a contemporary society that ignores their needs. Djali’s challenge is to navigate his way to a state of being that will nourish rather than destroy him.1 Read More

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Captain Cook, Pacific Ocean's crook

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     Myth: “a widely held story; a misconception; a misrepresentation of the truth; an exaggerated or idealized conception”.1 The specific myth which we are going to consider is the colonial myth of the “discovery” of the Pacific Ocean – Australia and New Zealand being the centre of our study. Read More

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Tā Moko: the art of Māori markings exhibited in Canberra

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I would like to thank Crispin Howarth for his time, answering these questions about Tā Moko: Māori Markings and his willingness to share his knowledge.

Curator for Pacific Arts since 2007 at the National Gallery of Australia, Crispin Howarth has curated a number of exhibitions over the past 12 years. Born in the Wirral, UK, Howarth began his interest in the art and cultures of the Pacific from visiting the comprehensive displays of the Liverpool Museum (now World Museum) and by living near Antique dealers who took the time to share their knowledge of objects from far away places, Tibet, Africa, Polynesia, Australia with him as a young child. From this beginning Howarth moved to Australia to be closer to Melanesia. Māori Markings: Tā Moko is his fifth exhibition for the National Gallery, it opened March 23rd and runs until 25th of August 2019.  Read More

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Le malangan : entre agent et patient

        En 1998, Art and Agency, la théorie sur laquelle Alfred Gell avait travaillé toute sa vie, est publiée un an après la mort de son auteur. Cette théorie allait devenir une des plus marquantes dans le champ de l’anthropologie et de la culture matérielle.
Le concept développé par Gell consistait à « [classifier] toutes les entités du monde entre celles qui « comptent » comme agents et celles qui ne comptent pas ».1 Qu’entendait-il par le terme « agent » ? Read More